Top Arts visuels
Arts visuels

Top Arts visuels

1- L’année fut exceptionnelle au Musée d’art contemporain (MAC). Elle débuta en lion avec le travail féerique du Sud-Africain William Kentridge. Ce fut suivi par L’envers des apparences et le travail remarquable de Yannick Pouliot, Jérôme Fortin, Taras Polataiko, Ana Rewakowick, Germaine Koh… Même si elle aurait pu être mieux installée, l’expo Territoires urbains, "commissariée" par Réal Lussier, était très pertinente. Elle effectuait un partiel, mais très beau bilan de la jeune création photographique d’ici: Isabelle Hayeur, Emmanuelle Léonard, Christian Barré, Martin Désilets, Myriam Yates, Pavel Pavlov. Mais je dois dire que j’ai trouvé particulièrement magnifique l’installation Ondulation, toujours au MAC. Thomas McIntosh, Emmanuel Madan et Mikko Hynninen ont su hypnotiser leurs spectateurs avec juste un plan d’eau, des éclairages et des vibrations sonores. Une des meilleures expos de l’année.

2- L’été fut morne au Musée des beaux-arts. Les présentations des œuvres de Sam Borenstein et d’Edwin Holgate, peintre canadien, manquaient vraiment de panache. L’automne fut heureusement de meilleure qualité. La minirétrospective de l’Australienne Tracey Moffat était très réussie et permettait de voir aussi des exemples de sa production des années 90 (bien meilleures que celles des dernières années). L’incontournable expo Le paysage en Provence, qui vient de dépasser les 100 000 visiteurs (et qui se poursuit jusqu’au 8 janvier), fut l’une des meilleures de l’année. Elle est un bon exemple que les musées peuvent faire des expos grand public (avec des grands noms comme Van Gogh ou Cézanne) qui soient en même temps satisfaisantes intellectuellement pour les spécialistes. Même si ce n’était pas nécessairement le propos de l’événement, les jeux visuels entre les œuvres des différentes époques y remettaient astucieusement en question la notion de réalisme en art. Judicieux.

3-

L’installation Le jeu chinois, de Catherine Bolduc.

Côté solos, l’année fut riche. Il y a eu McLean chez Roger Bellemare, Michel de Broin chez Pierre-François Ouellette, Pascal Grandmaison chez René Blouin, Andrea Szilasi chez Joyce Yahouda et l’Américain Robert Longo chez Graff. Mais c’est la jeune Catherine Bolduc à la Galerie de l’UQÀM qui mérite la palme. Sa capacité à émerveiller l’œil du spectateur avec des moyens très simples était tout simplement époustouflante. Son Jeu chinois, composé de pailles de plastique, de feuilles miroirs et de stroboscopes, ressemblait à la caverne d’un monstre dans un conte pour enfants, mais version techno-rave…

4- Côté expositions de groupe hors des musées, les choix ne manquent pas non plus. Il y eut la pièce Autodafé de Denise Desautels et Louise Viger à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal, les jeunes collectifs Racam (Mathieu St-Arnaud, Gabriel et Guillaume Coutu-Dumont) chez Clark, orange/brown à l’Usine C, Les Allusionnistes montée au Centre Vox par Marie-Josée Jean avec Cory Arcangel, Kevin Schmidt, Michel de Broin et Stan Dougas… Mais il faut remettre un prix à la Galerie Leonard et Bina Ellen de l’Université Concordia, qui a fait un travail remarquable toute l’année. Cet automne, Nathalie de Blois y a monté une expo, elle aussi placée sous le signe de l’enchantement. L’écho des limbes mettait judicieusement en vedette David Altmejd, Patrice Duhamel, Michael A. Robinson et Eve K. Tremblay. Auparavant, nous pouvions y apprécier, entre autres, le travail de Lynn Pook et Jean-Pierre Gauthier dans Tracer Retracer, événement monté par Nicolas Gingras. Ces expos se trouvent néanmoins surpassées (de justesse) par 3X3 que la Galerie Leonard et Bina Ellen présentait en début d’année, rappelant l’importance du travail de trois artistes minimalistes: Carl Andre, Dan Flavin, et Donald Judd. Impeccable.

5- Le Mois de la photo présentait un éventail très intéressant d’artistes aguerris et moins expérimentés. Il y avait un monstre sacré comme Michael Snow à la Galerie de l’UQÀM, mais aussi la jeune britannique Karen Brett à la Centrale (qui nous parlait avec justesse de la sexualité des personnes âgées). Deux expos formidables. Mais c’est Diane Borsato, chez Occurrence, qui avec Comment vivre de la lumière mérite la palme. Une artiste qui, elle aussi, sait émerveiller avec presque rien, juste en se référant à quelques gestes du quotidien et en se fiant à son grand talent pour raconter de petites, mais précieuses histoires.

ONDULATION AU MAC
On nous propose ici une symbiose des arts et des sciences pour mieux comprendre l’asservissement de notre monde à la modulation. C’est pour moi une invitation à ne pas manquer.
Robert St-Amour

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