

Splendeurs et Anomalies : Québec, ville ouverte
Splendeurs et Anomalies est le thème de la septième édition du Mois Multi, consacré à l’art multidisciplinaire et électronique. Panorama des tendances récentes.
Nathalie Côté
Comme Émile Morin se fait convaincant lorsqu’il parle de la nouvelle programmation de ce Mois Multi version 2006, de ces projets réalisés par des artistes "toujours en train de créer des outils nouveaux", de ces développeurs de logiciels, de ces travailleurs de l’art sonore et de l’audio-vidéo live, de ces créateurs de théâtre multidisciplinaire (une belle part du Mois Multi) ou d’installations robotisées! "Ce sont des propositions qui nous portent à regarder autrement l’électronique qui nous entoure", rappelle Émile Morin, qui, comme pour l’édition de 2005, assume le commissariat en duo avec Caroline Ross. Tous deux présentent par la même occasion leurs récentes productions. Émile Morin propose une installation avec Jocelyn Robert à compter du 16 février. Caroline Ross présente une de ses créations – pour ne pas dire mises en scène -, produite par Recto-Verso les 8 et 9 février: Fragments 2 est inspirée d’un texte de Samuel Beckett, Cette chose, et sera interprétée par le comédien Gabriel Gascon.
À ne pas manquer: les cabarets audio, qui seront présentés certains soirs au Café L’Abraham-Martin, et les trois installations (dont l’entrée est également libre) qu’on pourra voir du 17 au 28 février. Un moment où l’événement prendra fort probablement son second souffle, avec, le 16 février, l’inauguration de l’installation et des sculptures cinétiques provocantes de l’Américain Gregory Barsamian de même que celle de Jens Brand, qui vient nous présenter son Global-Player 2004, un lecteur qui permet de visualiser la course des satellites; sa machine connaît les positions d’un millier d’entre eux. Il s’agit ici d’écouter la Terre dans un esprit proche du fascinant projet de l’artiste française Lorella Abenavoli, de passage à la Chambre blanche en 2005 avec Le Souffle de la Terre, un dispositif technologique colligeant les vibrations sismiques et les infimes mouvements des visiteurs en les convertissant en son. Tourné vers le ciel, le projet de Brand est, pour l’heure, un des plus dépouillés et le plus insolite du mois.
Du théâtre de la troupe new-yorkaise Big Art Group, en représentation du 8 au 11 février, à la flotte d’objets robotisés du groupe belge MxHZ, jusqu’à la performance, le 4 février, du Hollandais Edwin van der Heide, un artiste maniant son et laser, en passant par les récents tableaux vivants de Claudie Gagnon (en représentation encore les 2 et 3 février) et par la courte présence du Torontois Gordon Mohahan, inaugurant le Mois, le "multidisciplinaire" ratisse large. L’édition 2006 a aussi collé à sa programmation des événements périphériques, dont le lancement du dernier numéro de la revue d’art actuel Esse ainsi que les soirées de la Ligue d’improvisation musicale… Sélection faite, le Mois Multi s’annonce, et s’affirme, comme une tribune de choix pour les artistes technologues et leurs récentes recherches.
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BLOC-NOTES
GABRIEL ROUTHIER ET DIANE BORSATO CHEZ VU
Gabriel Routhier, dont on a vu souvent la prolifique production pendant les dernières années, propose chez Vu des impressions numériques glacées (très léchées) où il rejoue, dans une palette vive, les motifs qui lui sont chers, produisant des images aux connotations sexuelles appuyées. À voir assurément, notamment pour une pièce dramatique où un personnage noir aux ailes blanches se découpe sur un fond rouge. Cette production récente est regroupée autour du titre Manger la cerise. À voir aussi chez Vu, Comment dessiner l’hiver de la Torontoise Diane Borsato, dont les photographies immortalisent des petites actions près du quotidien: des performances réalisées souvent sans public. De la photographie à la fois conceptuelle et poétique. Jusqu’au 19 février.
TOUJOURS ET ENCORE LA GALERIE 36
Ce lieu unique de l’art actuel reçoit Le Répertoire et ses exigences de Francis Arguin, et présente, dans une belle sobriété, quatre tableaux et quelques dessins. Ce jeune artiste, récipiendaire du Prix René-Richard 2005, fait partie d’une nouvelle génération faisant preuve d’une grande liberté, abordant différentes disciplines avec audace. Ouvert les samedis et dimanches jusqu’au 12 février.
CLAUDINE COTTON (PRISE 2)
La semaine dernière, nous avons annoncé à tort l’inauguration de la nouvelle installation de Claudine Cotton au Lieu. Nos excuses à ceux et celles qui se sont rivé le nez à une porte fermée! Le vernissage a lieu jeudi, le 2 février, à partir de 17 h. L’Ombre des étoiles se poursuit jusqu’au 26 février.