VASISTAS : Vases communicants
Arts visuels

VASISTAS : Vases communicants

Avec VASISTAS, le Théâtre La Chapelle se fait fenêtre ouverte sur l’art interdisciplinaire: inspirant et rafraîchissant.

Le Théâtre La Chapelle présente la 5e édition de VASISTAS (de l’allemand Was Ist Das?). Il s’agit d’un important chantier d’investigation et de questionnement en forme de festival, de ces événements qui font sauter nos repères en nous prenant par surprise, autant par la qualité de leur contenu que par leur prolifération inventive.

L’interdisciplinarité suppose d’entrée de jeu un dialogue et un échange de connaissances, d’analyses et de méthodes entre plusieurs disciplines. Elle implique surtout qu’il y ait des interactions et un enrichissement mutuel entre plusieurs spécialistes et spécialités. Douze projets (ateliers, installations, performances, présentations vidéo et rencontres) y sont proposés, avec des artistes d’ici et de l’étranger qui interrogent les rapports entre le créateur et sa démarche, les matériaux et les nouvelles technologies, l’œuvre et le public. Cette année, on y présente autant de projets qui touchent les enjeux politiques et sociaux dans l’art et la présence du texte en interdisciplinarité. Oui, bien sûr, ce sont les marges qui soutiennent le centre.

LE COEUR DE VASISTAS

Américain débarqué au Québec en 1980 pour un stage chez Omnibus, Richard Simas fondait le Théâtre La Chapelle en 1990 – déjà, un vent de décloisonnement agitait l’air du temps. Son but était de permettre aux artistes locaux de profiter d’une structure évitant la lourdeur des cadres classiques. Puis, dans un désir de créer un événement ne se casant pas facilement, VASISTAS allait voir le jour cinq ans plus tard.

Le choix des artistes part d’un coup de foudre pour une démarche singulière, intime ou à risque, poétique, d’une entente née d’une conversation. L’idée est de rester sensible à la démarche des créateurs tout en y confrontant sa réalité de producteur, en étant attentif au public. "Avec le temps, j’ai appris à me faire confiance. Il faut accepter cette zone de flou, cette zone grise, pour amener un discours sur les choses en laissant une grande ouverture à l’intuition." Laisser les artistes être inspirés, donc, avec comme étrange résultat que "les artistes visuels sont emballés par l’idée de la scène alors que les acteurs cherchent à s’en libérer"!

Soulignons que l’événement est finaliste dans la catégorie "nouvelles pratiques artistiques" du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal 2005. Bon signe, d’autant plus qu’il s’agit de la première année d’existence de ladite catégorie.

LES ARTISTES, LES OEUVRES

De France, il y aura Grégory Chatonsky, figure de proue de l’art numérique, et Renaud Cogo, metteur en scène en résidence de création. De Québec, Rhizome (littérature récitée et art multidisciplinaire), Recto-Verso (spectacle théâtral et nouvelles technologies), de Toronto, Emergency Exit (performance/média) et de Montréal, Sylvie Cotton, performeuse de l’art action, Guy Laramée, artiste multidisciplinaire – vers qui mon cœur tangue particulièrement -, Marc Couroux, vidéaste et musicien, Manon De Pauw (performance vidéo) et l’ATSA (Action Terroriste Socialement Acceptable).

ET PUIS…

À la veille de cette 5e édition, nous avons demandé à Richard Simas de nous brosser l’état des lieux et de ses réflexions. Il s’est prêté au jeu: "Je crois que l’art interdisciplinaire est dans une phase de maturité et de dynamisme remarquable en ce moment. Par l’entrechoc des codes esthétiques, l’hybridation des formes et sa perméabilité aux influences de la recherche et de l’expérimentation, cette forme d’art offre une liberté singulière aux créateurs et aux publics. C’est une véritable bouffée d’air frais dans notre époque conservatrice et convenue." Voilà.

Pour les détails et l’horaire: www.lachapelle.org.

Du 8 au 25 février
Au Théâtre La Chapelle
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