L'environnement total : Art de vivre
Arts visuels

L’environnement total : Art de vivre

L’environnement total, ça vous dit quelque chose? C’est un concept développé dans les années 60 et 70. Retour sur un pan important de notre histoire.

La semaine dernière, à propos de l’excellente expo Road Runners, je vous expliquais comment, avec le développement de la voiture et de l’autoroute, les artistes avaient eu le sentiment que l’expérience esthétique avait changé de registre. Ces jours-ci a lieu une présentation qui apparaîtra comme la suite logique de cet événement. Est-ce le fruit du hasard ou le fait que les bonnes idées flottent dans l’air? Quoi qu’il en soit, cette expo traite de ce désir d’élargir le champ d’action de l’artiste à des environnements, de sortir du cadre du tableau ou de l’espace limité de la sculpture sur son socle. Une idée qui s’est développée en relation avec le concept d’architecture éphémère, un mouvement qui, dans les années 60 et 70, a pris au Québec une ampleur considérable.

Dans Environnement total: Montréal 1965-1975, vous verrez des photos de la discothèque Mousse Spathèque (1966) de Jean-Paul Mousseau, du restaurant-discothèque Le Drug (1965) de François Dallegret, des scènes de Femmes (1970-1971) théâtre d’environnement intégral, des sculptures gonflables de Marco Lepage… Vous verrez aussi des films de l’époque tel Synthèse des arts de Richard Lacroix, montrant ses "sculptures sonores et cinétiques" installées au Pavillon du Canada lors d’Expo 67, de même que les interventions de Maurice Demers, de Gilles Boisvert, de Claude Goulet, du collectif Mainmise (créé en 1969 par Jean Basil Bezroudnoff, Georges Khal et Christian Allègre)… Si certains artistes sont encore connus d’un large public (pensons à Jean-Paul Mousseau, à Robert Roussil, à François Dallegret ou à Edmund Alleyn, auquel sa fille vient de consacrer un film), certains sont malheureusement moins au-devant de la scène. Voilà qui permettra de rendre hommage à tous ces "activistes de la culture" (pour reprendre l’expression d’Alessandra Ponte).

Soulignons que cette expo est le résultat d’un séminaire de recherche réalisé justement par Alessandra Ponte, professeure d’architecture à l’Université de Montréal, avec ses étudiants-commissaires (Christian Aubin, Marie-France D. Bouchard, William Leblanc, Jeanne Leblanc-Trudeau, Sophie Julien, Louis Stabile et Cuong Tran). Une expérience très concluante.

Une expo qui aurait mérité davantage de place. Et qui aurait dû être accompagnée d’un catalogue, car on cherche encore de nos jours des ouvrages de qualité sur l’art d’ici. Bien sûr, il y a les catalogues d’expos, certaines monographies, mais il manque encore au Québec et au Canada de ces livres qui permettraient d’avoir une vue d’ensemble de notre histoire de l’art (avec une quantité appréciable d’illustrations). Espérons que ce ne soit que partie remise – il existe bien sûr l’excellent et incontournable livre de Francine Couture sur les arts visuels au Québec dans les années 60, mais il est limité à une décennie et ne possède pas énormément d’illustrations.

À voir si vous aimez /
L’extraordinaire expo Actions: comment s’approprier la ville qui a lieu en même temps au même CCA (jusqu’au 19 avril).

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