

Maxime Bisson : Rendre à César
Le projet Marquer le temps de Maxime Bisson suggère de multiples pistes à explorer, des chemins qui se croisent et se recroisent pour créer des carrefours où il est bon de faire une pause et de réfléchir.
Barbara Garant
Photo : Nicolas Longpré
Attendre, maximiser son temps, laisser sa marque, se brûler, être immortalisé, tuer le temps… Maxime Bisson propose un corpus dans lequel dessin, sculpture, vidéo, photographie, art numérique et culture maraîchère témoignent d’une recherche sur les façons de Marquer le temps et de poser un jugement sur le monde. À la suite de sa résidence de création au Lobe, il s’autoproclame empereur du présent de cette exposition, mais lègue son pouvoir aux visiteurs.
À propos de l’oeuvre évolutive intitulée Boîte noire, il mentionne: "C’est la présence des gens que je vise à inscrire dans ce projet-là. C’est le temps qu’ils vont avoir consacré à l’oeuvre qui produit quelque chose." Il s’agit d’une machine qui permet de dessiner sur du papier photo en captant la lumière par un petit trou. Les gens sont invités à manipuler le dispositif de traçage pour créer un dessin à l’aveugle que l’artiste développera et affichera. "De la manière que je le vois, c’est l’image photographique comme une impression du temps sur une surface. La lumière, qui n’est évidemment pas constante et s’inscrit chimiquement sur le papier, est pour moi la meilleure métaphore de l’idée d’expérience spatiotemporelle." ajoute Bisson.
L’épuisement apparaît comme idée sous-jacente. L’exécution de certaines tâches, notamment, a dû consumer temporairement l’énergie de l’artiste. À titre d’exemple, celui-ci a déconstruit une quinzaine de palettes de bois pour former une montée vers une chaise faisant office de trône. La marque du pouvoir constitue une autre voie à emprunter dans l’exposition. En ce sens, deux immenses dessins attirent l’attention. Gravés à même le mur à l’aide d’une hache et d’un ciseau à bois, les portraits se font face: celui du critique d’art Clement Greenberg et celui de Bisson sous les traits d’un César. "Je place ces figures-là pour établir une notion de jugement et de responsabilité, de l’artiste mais du spectateur aussi." Pour un échange en profondeur sur cette riche expérimentation, ne manquez pas la rencontre avec l’artiste le 16 septembre à 17h30 au Lobe.
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L’image de l’artiste dans la société, les screen tests d’Andy Warhol, les tomates cultivées