

Paul Litherland et Catherine Bodmer : Hop là!
Paul Litherland met en scène notre fascination pour le saut et le vide. Au Centre Clark, il est accompagné de Catherine Bodmer qui, elle, nous renvoie à notre ravissement par l’image.
Nicolas Mavrikakis
Assis dans des chaises longues, vous pourrez scruter cinq écrans montrant le ciel bleu. Des individus planant traverseront très vite ces écrans, semblant parfois voler, parfois tomber. Dans l’installation Force majeure, Paul Litherland met en scène une fascination très moderne (et postmoderne) pour les sauts dans le vide, ceux faits en parachute, en bungee, par le plongeur dans une piscine ou la mer, ceux du grand jeté de la danseuse, du numéro de haute voltige du trapéziste, des planchistes ou véliplanchistes…
Il s’agit toujours de défier la gravité, de se libérer des contraintes de ce monde. L’artiste français Yves Klein a incarné cette idée dans une célèbre photo le montrant se jetant d’une fenêtre. Les futuristes italiens avaient déjà vanté les mérites du vol en avion comme forme d’art. Cet élan aérien a son sombre pendant dans les horribles images de citoyens se jetant dans le vide des hauteurs du World Trade Center, photos réutilisées par Carolee Schneemann dans son oeuvre Terminal Velocity (présentée ces temps-ci dans les galeries d’art contemporain au Musée des beaux-arts de Montréal)…
Litherland a monté une oeuvre efficace, un dispositif très réussi. Mais celle-ci a aussi quelques faiblesses au plan symbolique. Parmi ces personnages qui sautent dans le vide, vous verrez une femme qui se maquille, un homme qui se rase, un autre qui porte un complet-veston-cravate… Pouvons-nous y voir une critique de nos sociétés qui, malgré des apparences de parfait contrôle, foncent vers le désastre? Une critique de notre désir de rapidité et d’efficacité à tout prix?
Catherine Bodmer
Un jeu subtil de variations entre une chose et son double. Voilà comment nous pourrions résumer l’expo photo DUO de Catherine Bodmer. Au début, cela semble être un simple travail d’images en miroir, mais rapidement le spectateur s’aperçoit que les images ont été manipulées (par Photoshop), certains éléments ayant été effacés dans le double, d’autres ayant été ajoutés. Une oeuvre qui s’inscrit dans la même lignée que les photos d’Isabelle Hayeur.
Pas tout à fait nouveau, mais très bien réalisé.
Jusqu’au 9 octobre
Au Centre Clark
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À voir si vous aimez /
Terminal Velocity de Carolee Schneemann et les photomontages d’Isabelle Hayeur
Paul Litherland: ![]()
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Catherine Bodmer: ![]()
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