

Paul Roorda : Voir passer le temps
Katy Le Van
Jusqu’au 3 avril, la Galerie d’art de l’hôtel de ville présente Take Notice, une exposition composée de trois corpus principaux, créés par Paul Roorda.
Le premier corpus (Take Notice) est une série d’images noir et blanc tirées de vieilles encyclopédies: schémas anatomiques, photo d’un gratte-ciel qui s’effondre, d’un cratère de lune… De toutes petites images, chacune munie d’un passe-partout de carton. Parmi ces bordures apparaissent des touches bleutées: ce sont des segments de cartes géographiques montrant une infime partie de quelque étendue d’eau. Puis, en contraste, des marques de rouille sur les faux cadres, et des clous, rouillés eux aussi, pour les fixer au mur. Des images que Roorda a ficelées et clouées sur des poteaux électriques pendant quelques semaines antérieurement à l’exposition, les livrant ainsi aux assauts des intempéries.
Ces marques du passage du temps parsèment également Rise and Tempest, série de graphiques représentant les changements climatiques. La preuve tangible du temps qui passe (rouille et vieux clous) et sa reproduction sur papier constituent une habile résolution qui n’est pas sans rappeler la pièce La transformation des nuages, de Nicolas Baier.
Quant à Sky Notice, c’est l’oeuvre la plus percutante. Ici, le visiteur observe des polaroids de ciels pris sous une multitude de couverts (cumulus, stratus, nimbus) et dans divers camaïeux. Les couleurs délavées (bleus, roses, orangés) ont été obtenues grâce au fameux procédé de l’accrochage aux poteaux.
Bref, l’expo est sympathique et présente des oeuvres d’une apparente simplicité, mais bien pensées.
À voir si vous aimez /
Allan Sekula, Martin Ouellette