Érosion : Quand tout s'effrite
Arts visuels

Érosion : Quand tout s’effrite

À première vue, les oeuvres de Mylène Gervais et Valérie Guimond peuvent sembler très hop la vie avec leurs couleurs bonbons. Rapidement dissipée, cette impression laisse place à une réflexion sociale profonde.

"Je travaille beaucoup l’attirance-répulsion face aux oeuvres. C’est ce mélange-là qui m’intéresse", lance Valérie Guimond. Aux couleurs vives de la série de sérigraphies se mêlent des corps faméliques et décharnés, un nid de barbelés menaçants et tranchants et une atmosphère lourde. Pour peu on entendrait le vautour annoncer la mort.

"On traite de l’érosion de l’être humain dans une société qui nous entoure, nous érode, nous blesse et nous brise", précise Mylène Gervais, qui donne l’exemple de situations qui peuvent devenir blessantes pour l’être humain: familles dysfonctionnelles, stress ou attentes sociales. "Le corps est comme un état d’esprit. Si nous ne sommes pas en santé dans notre tête, on ne peut pas être en santé extérieurement."

Dans la démarche artistique des deux jeunes femmes, l’art a toujours été une façon de véhiculer le regard qu’elles portent sur la société. "Il y a toujours une réflexion dans notre travail. À la limite, c’est un choix qu’on ne fait pas. Ça fait partie de nous", affirme Mylène Gervais, qui apprécie tout de même des expositions abstraites, contemplatives, "pour être habitée par du beau, dit-elle. C’est la beauté de l’art. Parfois on est secoués, confrontés, et d’autres fois on est juste épanouis."

EN DUO

Il s’agit d’une première exposition en duo pour les deux artistes, qui s’étaient donné le mandat de tout faire ensemble. L’expérience s’est déroulée naturellement, sans heurt ni confrontation. "On a des préoccupations artistiques dans le même sens", explique Valérie Guimond.

"Travailler à deux, c’est l’envie de te dépasser, de dépasser ce que tu fais dans ton univers à toi. Ça ouvre plein d’autres perspectives", soulève Mylène Gervais. De son côté, elle avoue ne pas avoir souvent représenté concrètement le corps humain dans son travail. "Valérie m’a emmenée à le représenter autrement que symboliquement. Et puis j’ai toujours été du genre rouge-noir-blanc. Là, l’utilisation des couleurs apporte une lecture différente et vraiment intéressante. Pour ma part, le travail à deux a donc ouvert une multitude de possibilités."

Alors qu’elle travaille régulièrement ses personnages décharnés, Valérie Guimond n’a toutefois pas l’habitude de les intégrer à un environnement précis. "En travaillant avec l’emblème du nid et l’icône du corbeau de Mylène, j’ai positionné mes personnages dans un état et dans un lieu assez complet et complexe dans sa symbolique. Le travail à deux, c’est l’ouverture."

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LA QUÊTE – HISTOIRE D’ÉQUILIBRE

Dans l’autre partie du centre d’exposition Raymond-Lasnier, l’artiste Karine Hébert présente La quête – Histoire d’équilibre, une série de peintures qui interprètent la quête de l’équilibre. Les oeuvres présentées résument sa vision de cet état qui se cache au fond de l’être humain. L’artiste plonge les visiteurs dans son univers, illustrant sa propre interprétation des bouleversements des états d’âme humains. Consciente que plusieurs forces, qu’elles soient matérielles ou psychiques, agissent simultanément sur l’individu, elle conçoit que le corps et l’esprit réagissent différemment chez chaque personne.

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