

Été culturel 2013 : Un pan d’histoire révélé
C’est la découverte, en 2005, d’un tesson de faïence italienne datant de la Renaissance sur le promontoire du cap Rouge qui a mené à la présentation, au Musée de l’Amérique francophone à Québec, de l’exposition La colonie retrouvée.
Contenu promotionnel - Musée de la civilisation (Colonie)
À la suite de huit ans de recherches et découvertes sur le chantier Cartier-Roberval, une conclusion s’est imposée d’elle-même: la toute première colonie française au nord du Mexique a été fondée au milieu du 16e siècle, sur le promontoire du cap Rouge! Ainsi, plus de 6000 artefacts ont été exhumés par l’équipe de scientifiques, prouvant hors de tout doute l’hypothèse de départ. Et maintenant, au tour du grand public de profiter d’une centaine d’entre eux, parmi les plus significatifs.
Véritable plongée dans l’univers de notre histoire collective, La colonie retrouvée est établie dans une scénographie vivante, à des milles du classique étalage d’objets archéologiques. Jusqu’à l’automne 2015, curieux et néophytes seront amenés à découvrir cette première colonie qui aura longtemps été considérée comme un échec. Aujourd’hui pourtant, l’établissement de cette dernière retrouve son lustre de premier jalon de l’implantation durable des Français sur ce territoire.
Revisiter l’histoire
Jacques Cartier, auréolé du qualificatif de héros national par professeurs et manuels d’histoire, découvreur du Canada pour le roi de France, partage les honneurs dans cette exposition révélatrice. Après deux voyages à succès en 1534 et 1535, le troisième voyage de Cartier, en 1541, fait moins la manchette. Alors que Cartier prend part à ce troisième périple en sa qualité d’habile navigateur, c’est officiellement Jean-François de La Rocque de Roberval, expert en fortifications issu d’une famille noble, qui sera mandaté pour fonder la première colonie française en Amérique.
Bien que l’expédition de Cartier soit partie en 1541 pour le Nouveau Monde et qu’elle y ait établi les premiers bâtiments d’une colonie, c’est à Roberval et ses troupes que l’on doit l’érection, sur le promontoire du cap Rouge, de la première colonie en Amérique, après le retour hâtif de Cartier vers la Bretagne. Roberval termine alors le travail amorcé par son prédécesseur en complétant la fondation de la colonie, une aventure qui durera un peu plus d’un an puisqu’en 1543, le roi François 1er met un terme à l’expérience coloniale au Canada, alors que la guerre contre l’Espagne reprend de plus belle en Europe. Pour ceux qui voudraient en savoir plus long sur ce personnage méconnu, il faut parcourir la publication La rumeur dorée. Roberval et l’Amérique, qui en brosse un portrait détaillé.
Témoins d’une vie coloniale
Détruites par le feu, les installations coloniales du promontoire du cap Rouge ont tout de même révélé leurs artefacts puisque cette épaisse couche d’incendie a permis de préserver plusieurs de ces témoins du passage des colons au cap Rouge et a mené à des découvertes inespérées.
Une microsociété française vivait sur le promontoire du cap Rouge, avec toute la hiérarchie de l’époque. Tout au long du mois d’août 2013, il sera possible de visiter le site archéologique en compagnie d’un archéologue, en complément de la visite muséale. Si les huit années de recherches ont permis de documenter comme jamais auparavant la vie menée dans la première colonie d’Amérique, elles ont aussi mis en évidence de grandes données inconnues de ce pan d’histoire fascinant.
Jusqu’au 27 septembre 2015
Au Musée de l’Amérique francophone