Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul : Agir sur le monde
Arts visuels

Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul : Agir sur le monde

Cet été, le Symposium d’art contemporain de Baie-Saint-Paul se met en mode action. Au menu, des artistes qui s’engagent, personnellement et socialement.

Agir. Le verbe, lourd de sens, tire en partie son origine du Printemps érable, et des différents bouleversements qu’il y a eu dans le monde ces dernières années. Le directeur artistique Serge Murphy a voulu faire de cette 31e édition un symposium à message. Il a donc donné une interprétation très large au thème, fortement inspirée du philosophe français Paul Ricœur, qui disait: «Agir fait que le monde n’est pas fini.» «J’aime beaucoup cette idée que le monde se poursuit par les actions que l’on pose. On ne l’accepte pas tel qu’il est, on veut faire œuvre, poursuivre, continuer, proposer quelque chose», explique-t-il.

Pour ce dernier, agir est une forme d’engagement. C’est pour cette raison qu’il a demandé au duo d’artistes Cozic d’assurer la présidence d’honneur. «Cozic est un exemple d’engagement. Ils produisent ensemble depuis au moins 40 ans, ils sont très liés à l’art et à la vie quotidienne. Ils communiquent beaucoup avec les gens», observe Serge Murphy. Cet aspect communicationnel lui a servi de critère pour le choix des 12 artistes qui œuvreront durant le mois d’août. «Pour le spectateur, le symposium sera très accessible. Les artistes sont tous contents d’échanger avec les gens. L’échange entre spectateur et artiste sera très vivant. J’ai choisi des gens qui ont le goût de discuter et dont l’œuvre dialogue avec la société.»

Son choix a également été motivé par une volonté de témoigner de la variété des pratiques, des générations, des origines. «Les artistes sont tous en prise avec la vie, avec ce qui se passe autour, avec la société. Ils viennent de partout, ils ont des expériences très différentes. On présente quelque chose de très diversifié, qui montre que l’art s’investit de toutes les manières», précise le directeur artistique.

Parmi les 12 artistes sélectionnés, mentionnons Eruoma Awashish, de Saint-Prime, qui traitera de la question identitaire amérindienne. Giorgia Volpe, seule artiste de Québec, propose de réaliser un lieu intime et ouvert à l’autre. Kai Chan, Torontois d’origine chinoise, travaillera sur l’identité gay ou homosexuelle et Philippe Allard proposera une réflexion sur l’héritage culturel, patrimonial et architectural en créant une rosace à partir de contenants de plastique. Une panoplie d’activités viendront également animer le symposium, dont une conférence de Clément de Gaulejac sur l’engagement de l’artiste dans le réel et une invitation à tricoter avec Angora.