Gabrielle Laïla Tittley : culture populaire et hip-hop
Arts visuels

Gabrielle Laïla Tittley : culture populaire et hip-hop

Pour les dix ans de sa marque de vêtements, Elisa C-Rossow a organisé un joli projet: photographier dix femmes représentant Montréal, pour honorer ses collections et célébrer la ville. Entrevue avec l’une d’elles, la dessinatrice Gabrielle Laïla Tittley.

Gabrielle Laïla Tittley s’est fait connaître sous le nom de PONY et nous fait découvrir depuis maintenant sept ans son univers inspiré de la culture populaire et hip-hop, rempli de paradoxes. On ne la retrouve plus seulement sur les médias sociaux, mais à la télé ou au côté d’artistes musicaux. Même les grandes marques maintenant veulent s’associer à elle. Gabrielle représente une belle marque de succès et inspire à aller au devant de ses rêves, même si parfois le chemin peu paraître nébuleux.

Elisa C-Rossow: Deux mots pour te décrire?

Gabrielle Laïla Tittley: Optimiste et instable, car j’ai toujours espoir de retrouver l’équilibre.

Quel moment ou projet a réellement lancé ta carrière?

Il n’y a pas de moment exactement, c’est plutôt un fil d’événements. Un des plus vieux souvenirs que j’ais, c’est mon premier mandat de graphisme. J’avais 20 ans, j’étais motivée et j’avais des milliards d’idées même si je n’avais jamais réellement étudié en art ni en graphisme. J’ai appris comment faire l’affiche en regardant des tutoriels Photoshop sur YouTube. Quand j’ai réalisé ma première affiche publicitaire pour le Carrefour jeunesse emplois, j’étais vraiment impressionnée qu’un organisme veuille mon art sur leur affiche. C’est à ce moment-là que le dicton «Fake it till you make it» s’est pas mal appliqué pour moi!

Quel a été ton plus grand risque professionnel?

À 23 ans, je travaillais dans les bars, j’étais dans une relation malsaine et je n’avais pas vraiment de plan de vie. À un moment donné, j’ai juste décidé de mettre de l’avant mon bonheur plutôt que la stabilité et le confort. J’ai lâché le cégep et ma job avec une seule motivation en tête: travailler fort et créer au quotidien. L’inconfort, c’est vraiment ma zone de confort…

Quel est le meilleur conseil que tu aies reçu?

J’admire vraiment mon voisin de 50 ans, Arkin. C’est mon idole. Il a une carrière très réussie, mais tu ne le devinerais pas, il vit simplement et rayonne comme personne. Il est vraiment heureux! Il me parle souvent du concept de la peur et il m’a rappelé l’autre jour que ma vie est le miroir des pensées que j’entretiens dans ma tête. Il faut simplement se focaliser sur nos buts, arrêter d’avoir peur et ne pas porter d’attention aux nuages gris.

Quel est ton sentiment dominant par rapport à ton métier?

Comme une majorité de gens je crois, je suis à la recherche du réconfort. Pour certains c’est la bouffe, pour d’autres c’est la musique, Netflix, etc. Moi je trouve que la meilleure chose quand on ne va pas bien c’est de sentir qu’on est compris. C’est ce que j’aime vraiment faire, parler de ces choses qui me préoccupent et sentir que je suis comprise par les autres. Dans mon cas, ça se traduit à travers les images que je crée.

Être reconnu pour son travail est certainement motivant et stimulant, mais est-ce que ça influence la manière dont on crée?

C’est clair que j’y ai déjà pensé, mais un jour pour briser ces idées dans ma tête j’ai décidé de construire un pénis de sept pieds et de l’exposer sur St-Laurent. Je fais des moves comme ça qui sont zéro intelligents ni lucratifs mais qui sont simplement des gestes de passion. Je crois aussi que c’est plus ça mon influence, tenter de rester «True to myself» et suivre mon cœur. C’est sûr que j’apprends de plus en plus à me structurer dans mon processus de création, mais je n’aurai jamais besoin de faire ce que les gens veulent que je fasse, ça irait à l’encontre de la raison principale de ma création.

Ton émotion, ta couleur et ta musique du moment?

– J’ai peur, mais je suis optimiste.
– Lila pastel, parce que j’ai besoin de douceur.
– Hawaïenne, parce qu’il y a rien de plus joyeux que du ukulélé.

C’est quoi ton prochain délire après le pénis sur Saint-Laurent?

Je capote sur mon chien. J’ai envie de faire une collection pour les chiens. Du PONY pour chien, vraiment flyé et vraiment coloré. C’est ça mon next move…

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