11e Art Souterrain : questionner l'authenticité
Arts visuels

11e Art Souterrain : questionner l’authenticité

Dès le 2 mars, le festival Art Souterrain poursuit sa mission de rendre l’art contemporain accessible pour un public de plus en plus diversifié. Cette année, le questionnement autour du vrai et du faux est à l’honneur dans une édition qui s’inscrit bien dans des préoccupations sociétales actuelles.

Avec les bouleversements que traverse le monde des médias, la transformation de l’accès à l’information, la présence numérique individuelle et collective de plus en plus croissante, démêler les fils de ce qui est véridique ou non présente un réel défi. Toutes ces questions ont nourri le choix de la thématique d’Art souterrain Le vrai du faux. C’est un phénomène qui ne date pas d’hier, fait remarquer le fondateur et directeur général du festival Frédéric Loury, qui s’est entouré cette année des commissaires Maude Arsenault, Martin Le Chevallier et Joyce Yahouda.

«Notre relation à l’information n’a jamais été aussi variée, diffuse et volatile, précise-t-il. C’est évidemment au détriment des grands éditos, du journalisme et d’une analyse plus approfondie de l’information. Aujourd’hui, les individus deviennent des témoins, mais aussi des acteurs dans la façon d’observer une situation, des informations et la retranscrire auprès d’un auditoire donné.»

Brendan George Ko
Brendan George Ko

Reconnu comme un événement qui transcende les disciplines, Art Souterrain donne à voir sur les six kilomètres du réseau souterrain de Montréal et dans divers lieux satellites, de la sculpture, de la photo, de la vidéo, des œuvres sonores, des installations ou encore des performances d’une soixantaine d’artistes locaux et internationaux. «Pour nous, le médium n’est pas un frein. C’est vraiment le véhicule du message», indique Frédéric Loury.

En accord avec la thématique, l’édition actuelle se veut un jeu dans l’expérience offerte aux passants qui seront amenés à se questionner sur l’authenticité de ce qui lui est présenté. «On s’est amusés à aller dans la tromperie. On a aussi travaillé le territoire de façon in situ, c’est-à-dire que les œuvres s’emboîtent à l’intérieur des lieux et deviennent des installations où on se demande s’il s’agit réellement d’œuvres d’art.»

De l’art pour tous

Oeuvre de Tammy Salzl / Photo Blain Campbelle
Oeuvre de Tammy Salzl / Photo Blain Campbelle

Pour répondre à son objectif de médiation, le festival évite de tomber dans l’exposition de créations trop conceptuelles. «Ce qui est beau, c’est de voir quelqu’un qui peut être complètement néophyte, qui n’a aucune connaissance autant en histoire de l’art qu’en art contemporain et qui se retrouve face à une œuvre qui va énormément lui parler parce que le message l’interpelle.»

Il s’agit d’une mission qui n’a pas jamais vraiment changé, mais qui s’est approfondie avec le temps, misant toujours sur la relation avec les gens selon le directeur général. «C’est l’accessibilité par la forme, le langage, par la proximité des œuvres. On fait en sorte que l’individu se réapproprie le travail des artistes. Qu’il aime ou qu’il n’aime pas, pour nous, il n’y a pas d’objectif. C’est la mise en relation qui importe.»

Susciter l’intérêt, la réflexion et bâtir des liens, sont les motivations premières de l’équipe d’Art Souterrain. Et ce désir se manifeste année après année, dans la présence constance de médiateurs, des cartels d’expositions très détaillés ou des visites guidées.

Cinq œuvres à voir au 11e Art Souterrain

Oeuvre de Satoshi Fujiwara
Oeuvre de Satoshi Fujiwara

Satoshi Fujiwara présente à l’édifice Jacques Parizeau Code Unknown, une installation photographique composée de plusieurs images de visages pour donner lieu à un résultat indéfinissable, une personne ou une nouvelle construction? Steve Giasson nous invite quant à lui dans un jeu de piste, car il a dissimulé cinq rubis dans le parcours souterrain et encourage les gens à les chercher. Mais ce qu’on cherche est-il réel? On vous laisse le soin de le découvrir.

Alain Snyers, dans un détournement ludique, va jusqu’à créer une fausse agence immobilière au 1000 rue de la Gauchetière, totalement crédible, ce qui ne manquera pas de susciter l’intérêt. Sarah Thibault nous donne à voir au même endroit Garden party, dans une mise en scène de paysage artificiel, des espaces de vies. Valérian Mazataud, photographe et journaliste, présente à la Galerie Skol Grand Nord, une exposition documentaire sur la vie citoyenne et communautaire de Montréal-Nord. Ici, on est au plus près de la réalité.

Art Souterrain
Du 2 au 24 mars
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