Tout à déclarer
Arts visuels

Tout à déclarer

Je m’étais dit que j’écrirais aux artistes que j’admire.

Pour leur dire tout le bien que je pense d’eux.

Que ça me forcerait à faire ce que je ne fais pas spontanément.

 

Et puis Catherine (Genest, de Voir) a trouvé que c’était une bonne idée.

Que ça ressemblait un peu à un article, parce que quand les journalistes prennent le temps de parler d’un artiste, c’est déjà un peu un hommage.

On dirait que j’avais jamais vu ça comme ça…

 

À Jean-Philippe Joubert

Tu fais des crisse de bons shows.

Des shows que j’aurais toujours voulu avoir faits.

Mais c’est pas comme ça que ça marche!

Ta pensée est tellement claire et ça se voit sur scène.

Ça s’entend aussi quand tu vas répondre à nos amis des radios qui nous prennent pour des enfants gâtés.

Personne ne leur répond avec autant de calme et d’aplomb que toi.

Chaque fois que tu vas «au front», on est des dizaines à t’en féliciter, à t’en remercier.

Tu dis chaque fois: «C’est pas pour ça que je vous le partage.»

En même temps, tu nous es indispensable.

Parce que personne d’autre n’y arrive aussi bien.

Mais c’est secondaire. L’important, c’est que tu fais des crisse de bons shows.

 

À Karine Ledoyen

Ça aura l’air d’une plogue, ça n’en est pourtant pas une.

Full disclosure: tu es ma coloc de bureau et je t’ai choisie pour réaliser un tableau d’Où tu vas quand tu dors en marchant…?

Je collabore à tes pièces, tu collabores aux miennes.

Ce qui ne devrait pas t’exclure de ce texte, bien au contraire.

Parce qu’au quotidien, on se raconte nos fins de semaine, on se donne des notes, mais on se dit pas souvent: J’admire ton talent/Ton travail me bluffe/Quand j’assiste à tes shows, je peux être certain que je n’aurai jamais vu ce que je m’apprête à voir.

 

À Catherine Dorion

Notre ami commun Hubert m’avait dit de toi: «C’est elle qui m’a appris qu’“il ne faut rien”.»

Déjà, toute jeune femme, tu étais libre et tu libérais les autres.

Par amitié, par amour, certes, mais je dirais aussi, par principe.

Puis, sachant ça de toi, je me suis inquiété pour toi lors de ton élection.

Je me suis demandé comment une femme aussi libre que toi arriverait à survivre dans ce carcan de procédures…

Je n’aurais pas dû.

Tes discours

Ta sensibilité

Ton point de vue d’artiste nous ont fait du bien.

Puis, il y a eu ces vidéos de danse créative avec tes filles.

Ça paraît tellement flyé de voir une élue qui se permet d’être… un humain, finalement.

De ne pas devenir sa fonction.

En fait, de ne pas devenir l’image de sa fonction.

Ça semble si simple. Et même temps si rare…

Bizarre, non?

Andrés Quijano

À Robert Lepage

Il y a des gens plus grands que nature.

Qui, quand on les rencontre, nous surprennent d’être finalement des gens de taille humaine.

Ce qui peut nous tromper et nous laisser croire qu’ils sont comme tout le monde.

Il ne faut pas s’y méprendre.

Je crois qu’il y a bel et bien des gens qui vont où personne d’autre n’est allé avant eux.

Je te vois comme ça, comme un pionnier, un défricheur, un découvreur.

Et pourtant, après avoir été partout, tu as toujours choisi Québec.

Plus le temps passe, plus ce choix a de résonance.

Et le Diamant va être la manifestation concrète de ce choix. Ce sera grand!

 

À Simon-Pierre Beaudet, sur qui je trippe depuis la cons’ dep parce qu’esti que j’aime ton cerveau!

À Hubert Lenoir, qui m’a fait momentanément oublier comment j’haïs ça aller au FEQ!

À Safia Nolin, qui, qu’elle le veuille ou non, est comme une moissonneuse-batteuse de la mauvaise foi de toute une gang de bien-pensants!

À ma collègue/boss/amie/inspiration Marie Gignac, qui a tellement fait d’affaires pis qui se donne tellement intensément dans tout ce qu’elle fait, comme je suis certain qu’elle le faisait à 25 ans, qui a un moteur gros comme un four, caché dans une femme grande de même, et qui, comme Robert, ne devrait pas nous berner de normalité parce qu’elle est FUCKING CHEVALIER DE L’ORDRE DES ARTS ET LETTRES DE LA RÉPUBLIQUE DE FRANCE.

Non mais!

Pis ben d’autres, mais Catherine (Genest) m’a dit: 2-3 feuillets. Je savais pas trop ce que ça voulait dire. J’espère que c’est correct…