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Commentaire rapide sur l’abolition du registre des armes d’épaule

Le registre fédéral des armes d’épaule sera officiellement aboli dans les prochaines heures. Quelques commentaires:

1) On peut être contre cette abolition (et pour de très bonnes raisons) mais on ne peut pas reprocher aux Conservateurs d’avoir caché leur jeu sur cette question, ou encore de trahir leurs principes. L’abolition du registre a toujours fait partie de leur programme. Ils ont échoué plusieurs fois avant de finalement réussir. Et l’abolition de ce registre, en partie électoraliste, est tout-à-fait cohérente avec la philosophie conservatrice qui prône une maximisation des libertés individuelles, la décentralisation et une réduction de l’interventionnisme étatique en général. Je répète qu’on peut absolument s’opposer au démantèlement de ce registre, et pour d’excellentes raisons, mais il me semble qu’on peut difficilement déchirer sa chemise face à une décision annoncée depuis très longtemps, et qui allait inévitablement suivre l’élection d’un gouvernement Conservateur majoritaire.

2) Par contre: la décision de détruire les données du registre, elle, était inattendue, et semble contredire les principes mêmes qui sous-tendent l’abolition du registre. Le gouvernement fédéral veut abolir le registre? Très bien. C’était prévu. Mais comment la destruction des données — qui vise essentiellement à empêcher les provinces de recréer leurs propres registres — avance-t-elle les principes conservateurs de non-interventionnisme, de décentralisation et de liberté individuelle? Comment ne pas y voir, au contraire, une volonté d’imposer aux provinces les décisions du gouvernement fédéral, et de nier aux habitants de ces provinces la possibilité de recréer un registre s’ils le veulent?

C’est une chose pour un gouvernement de mettre en oeuvre des politiques annoncées et cohérentes avec ses principes. L’abolition du registre va dans ce sens. Mais la décision de détruire les données, elle, ressemble fort à une trahison de ces mêmes principes, motivées par des considérations a priori peu louables.