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Brèves de comptoir

En 2001, le Groupe Audubon en avait fait un spectacle mémorable. Cet été, c'est au tour des Enfants de la balle, une jeune compagnie composée de finissants de l'École nationale de théâtre et du Collège Lionel-Groulx, de concocter un délicieux moment de théâtre avec les Brèves de comptoir de Jean-Marie Gourio.

Au quatrième de couverture de L'intégrale des brèves de comptoir, quatre tomes parus aux Éditions J'ai lu, on peut lire:

Durant quinze ans, Gourio a hanté les bars pour y saisir à la volée les phrases les plus saugrenues, les plus improbables, les plus irrésistibles, qu'il a consignées avec le soin d'un entomologiste dans ses Brèves de comptoir (également interprétées au théâtre et qui lui ont valu le grand prix de l'Académie française du jeune théâtre 2000). Journaliste et scénariste, il se consacre aujourd'hui exclusivement à la littérature. Il est l'auteur de nombreux romans, dont Chut! et L'Eau des roses.


Alexandre Préfontaine
 

Avec ces petits bijoux de bistrot, ces perles de taverne, ces merveilles de café enfumé, Catherine Vallée-Grégoire a construit un spectacle absurde, une aventure bondissante placée sous le signe de la gymnastique, celle du corps aussi bien que celle de l'esprit. Entre ces moments d'illuminations, dans cette véritable fête du langage, foisonnement d'inventions verbales et de jeux de mot, il n'y a pas véritablement de fil conducteur. Pourtant, les observations de ce groupe de clients avinés semblent se répondre, se faire écho, s'éclairer les unes les autres. Elles disent plus sur notre monde, sur nos rapports et sur la condition humaine que bien des traités savants. Certaines répliques sont drôles, d'autres sont d'une indéniable perspicacité et d'autres encore sont carrément poétiques.

 
Étienne de Santis Savoie

Dans le bar du Complexe du Montagnard, un lieu auquel Fanny Bisaillon-Gendron s'est efforcé de donner des allures parisiennes, Sarah Desjeunes, Josianne Dicaire, Alexandre Préfontaine, Étienne de Santis Savoie et Gabriel de Santis Caron donnent corps et âmes à cette bande de joyeux lurons. Leurs personnages (le soûlon de services, la serveuse qui rêve de devenir actrice, le lutin qui envie le Père Noël…) sont truculents, leurs répliques font mouche à tout coup. La mise en scène est si enlevée, si judicieusement chorégraphiée, qu'on ne voit pas le temps passer. Ce sera sans nul doute l'une de mes plus belles soirées au théâtre cet été.

Si vous visitez Saint-Donat avant le 28 juillet, ne manquez pas de vous arrêter au Complexe du Montagnard (514, rue Principale, 819 424-1755), on y rit et on y réfléchit de bon coeur.