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Médias

Le monde selon Passe-Partout

La sortie en format DVD des 25 premiers épisodes de la série pour enfants Passe-Partout titille, une fois de plus, la fibre nostalgique des gens de la génération du même nom.

Ma génération.

Pour les plus vieux, c’est aussi l’occasion de s’étonner, une fois de plus, de cet incompréhensible engouement pour Passe-Partout. Car selon eux, Sol et Gobelet, La Ribouldingue et La Souris verte étaient bien mieux, et beaucoup plus proches de ce sacro-saint "imaginaire enfantin".

Bref. Ce débat "ma nostalgie est meilleure que la tienne" est stérile. Je n’y ajouterai pas un mot.

De toute manière, j’en suis revenu, de la nostalgie de Passe-Partout.

Cela fait des mois que je suis plongé dans l’écriture d’un bouquin portant sur l’histoire de l’émission (à paraître l’automne prochain). Pour moi, la remémoration en loupe des comptines et des sketches classiques a fait place à un intérêt plus historique. Car Passe-Partout a des dimensions politiques, sociales et culturelles autrement plus captivantes pour le poussinot de 29 ans que je suis devenu…

En 1977, Passe-Partout se voulait le portrait craché de la petite famille québécoise modèle. Des parents, des enfants, des amis de la garderie, etc. Les historiettes quotidiennes de Cannelle et Pruneau, un authentique téléroman pour tout-petits, nous plongeaient dans une réalité d’il y a 30 ans.

Or, tant qu’à ressortir Passe-Partout des boules à mites, j’ai pensé me prêter à un petit jeu. Et si l’on réinventait Passe-Partout aujourd’hui, en 2006? À quoi ressemblerait sa résurrection?

Avant tout, un avertissement. Si je me fie aux illustres intellectuels contemporains, Passe-Partout aurait brimé l’imaginaire des enfants. Puisque j’en ai malheureusement été victime, vous pardonnerez donc le caractère maladroit de cet exercice d’imagination. Je n’ai pas eu accès à Patof, désolé…

Donc, dans un nouveau Passe-Partout, les parents de Cannelle et Pruneau (Perlin et Perline) seraient probablement divorcés. Perline aurait un nouveau chum, Galantin, un col bleu lui-même père de deux enfants, Spiruline et Fugace. Spiruline serait une adolescente altermondialiste et Fugace, un enfant hyperactif sur le Ritalin.

Perlin, quant à lui, serait disparu de la carte. On n’en entendrait jamais parler, sauf lorsqu’il tenterait un coup d’éclat en s’agrippant à l’armature d’un pont afin de réclamer la garde partagée des jumeaux.

À la garderie, Cannelle et Pruneau auraient un nouvel ami, Arachide, un jeune musulman au comportement parfois extrême… Mais on s’en accommoderait.

Les nouvelles technologies seraient omniprésentes. Mme Coucou aurait son blogue, Rigodon, son cellulaire et Alakazoo serait devenu le héros d’un jeu vidéo.

Virgule ferait finalement son coming-out. Grand-Papa Bi passerait le plus clair de son temps au casino. Ti-Brin rapperait ses comptines. Mélodie s’habillerait en guidoune comme toutes les petites filles de son âge. Doualé aurait un grand frère, Ilédou, membre d’un gang de rue.

Zig Zag, cette étrange créature cornue et ailée à la recherche de ses parents, découvrirait avec stupeur qu’il a été l’objet de manipulation génétique.

Fardoche, après avoir vendu sa ferme à un gros intégrateur américain, serait déménagé en ville. Grand-Mère en aurait reperdu: à l’ère du vidéoclip, ses contes n’auraient plus le mordant d’antan.

Et que seraient devenus les trois lurons que sont Passe-Partout, Passe-Montagne et Passe-Carreau? Ils n’auraient pas changé d’un poil. Admettons-le, ils représentent toujours fidèlement la jeunesse actuelle: des colocataires adulescents, adeptes de la simplicité volontaire et sans emploi…

Le coffret DVD des 25 premiers épisodes de Passe-Partout est en vente dès maintenant.

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TÉLÉVISION

Un portrait du photographe Spencer Tunick, célèbre pour ses clichés de foules nues… Dans neuf pays, sur sept continents, le documentaire suit l’artiste dans son vaste projet d’exploration de la nudité sous tous les climats (autant géographiques que politiques). Première escale: Montréal. Mai 2001, 2000 personnes s’étaient montré le moineau pour le petit oiseau. Y étiez-vous? Portrait, à ARTV, le dimanche 26 novembre, 20h.

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Enjeux analyse le phénomène Céline Dion. Pourquoi la célèbre-t-on partout dans le monde, alors qu’une partie de la critique musicale québécoise la boude. D’où vient ce décalage entre le succès populaire d’une artiste et le succès d’estime fabriqué par les critiques? Enjeux, à Radio-Canada, le mercredi 29 novembre, 21h.

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