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Marcelo Coulon d'Inti-Illimani: "L'espoir, c'est ce que véhicule notre musique."

Les circonstances qui entourent cette entrevue sont plutôt particulières. Avec les récents évènements survenus au Chili (le tremblement de terre et l'entrée en fonction du président Sebastián Piñera), nous pouvions imaginer le musicien Marcelo Coulon, du groupe Inti-Illimani, quelque peu contrarié. Pourtant, sa voix ne laisse transparaître aucune fatigue; notre interlocuteur se montre même affable et souriant. En pleine tournée nord-américaine lorsque le drame est survenu, la formation chilienne a trouvé la force nécessaire pour respecter ses engagements. C'est que, voyez-vous, être un membre actif au sein d'Inti-Illimani est aussi une forme de vocation.

Depuis la fin des années 60, le groupe est devenu un porte-étendard du pays et de l'Amérique latine. Après la chute de Salvador Allende en 1973, forcés à l'exil en Europe, Marcelo et son frère Jorge Coulon (guitariste) ont continué leur parcours artistique tout en endossant un discours humaniste rassembleur. Cette nouvelle épreuve ne fait qu'encourager encore plus les musiciens à propager la culture chilienne et latine à travers le monde.

"Nous savons depuis très longtemps que notre pays est sujet aux tremblements de terre, ça fait partie de notre vie. Mais c'est toujours touchant lorsque ça se produit. Ça prend au cour, décrit Marcelo Coulon. L'espoir, c'est ce que véhicule notre musique. En spectacle, on a le sentiment de pouvoir prendre contact avec les gens et leur montrer le côté positif de la vie. Mais les gens, peu importe où nous sommes, démontrent aussi beaucoup d'intérêt. Pas seulement en sympathisant avec nous, mais aussi en s'informant sur notre pays et sa culture. Ça, c'est très réconfortant."

Impossible de ne pas parler politique avec Marcelo Coulon, car c'est la politique elle-même qui a fait en sorte qu'Inti-Illimani s'est fait connaître à travers le monde. "Lorsque Pinochet et ses militaires ont pris le pouvoir, nous étions en Italie, se rappelle-t-il. Et puis voilà, impossible pour nous de retourner au Chili. Encore aujourd'hui, la démocratie est quelque chose qui s'apprend chez nous. Lorsque nous avons vu notre présidente, Mme Bachelet, faire appel aux militaires après le tremblement de terre, c'était plutôt ironique! Nous sommes toujours sensibles lorsqu'il y a beaucoup de militaires dans les rues. Ce coup d'État, c'est une cicatrice qui est encore en voie de guérison."

Avec plus de 40 albums en carrière, ce groupe légendaire qui est l'un des initiateurs du courant nueva canción chilena a croisé sur sa route Mercedes Sosa, Youssou N'Dour, Sting et Peter Gabriel. Il y a peu de temps, ce dernier a d'ailleurs réinvité les musiciens à se joindre à lui en spectacle lors d'un événement en Amérique latine. "C'est un artiste formidable qui prend les causes qu'il défend très au sérieux. Pour ça, c'est un grand ami de l'Amérique latine." Inti-Illimani sera au Palais Montcalm le 20 mars à 20h.

À SURVEILLER

Le spectacle d'un autre artiste engagé, Paul Cargnello, au Cercle le 25 mars à 21h. L'année dernière, l'artiste nous a offert un sixième album en carrière, l'excellent Bras coupé.

VAGUE PRINTANIÈRE DANS L'AMPLI CETTE SEMAINE

The William Blakes, Secret of the State – The White Stripes, Jolene – Radio Radio, Enfant spécial