Curieuse synchronicité… La semaine dernière, dans ma chronique hebdomadaire, j'abordais l'actuelle pertinence du livre dans sa forme traditionnelle, et ce, même à l'ère de YouTube. Quelques jours plus tard, je tombe sur un communiqué des librairies indépendantes du Québec (LIQ) qui annoncent en grande pompe qu'elles prennent le virage numérique. À peine ai-je lu le grand titre que, déjà, j'appréhende la suite. Ça y est, mon fidèle pif m'a trompée: le livre papier commence à être sur son déclin… Zut!
Soyez rassurés, le bon vieux bouquin n'est pas en péril. En introduisant le livre numérique, les librairies indépendantes – L'Exèdre, Clément Morin, Paulines et du Centre du Québec en sont quelques-unes en Mauricie – ne signent pas l'arrêt de mort du support papier, bien au contraire. Elles s'adaptent seulement à un besoin grandissant. Admettez que c'est quand même intéressant d'avoir à la portée de la main toute une série de titres. Un clic et vous téléchargez à l'heure qui vous convient (minuit, par exemple!) un ouvrage sur les troubles du sommeil ou le dernier guide sur New York, votre destination du week-end. Quand le temps manque, le numérique s'avère une excellente solution. Pas besoin de fouiller toutes les librairies de la ville pour trouver LE bouquin que vous cherchez ni de raccourcir votre heure de dîner. Une visite sur www.livresquebecois.com et le tour est joué! Du moins, si le livre désiré fait partie des 1400 titres disponibles actuellement. Car ce ne sont pas toutes les publications qui existent sous la forme numérique (PDF). Surtout que le site se veut essentiellement un portail pour la littérature d'ici.
C'est clair, la disparition du livre tel que nous le connaissons n'arrivera pas de sitôt. Mais je crois qu'il faut tranquillement se préparer à un changement. Petit à petit, le livre numérique va sûrement prendre davantage d'espace dans le marché. Un peu comme la musique. Une lente révolution engendrée pour des raisons écologiques ou marketing.
Lorsque je pense à l'avenir du livre, ça me fait toujours drôle d'envisager le numérique. J'avoue aimer la facilité avec laquelle on peut se le procurer. Par contre, je me vois mal passer des heures supplémentaires devant un écran. Surtout que le papier a le pouvoir extraordinaire de faire une coupure avec la modernité. Il me propulse ailleurs, en dehors du temps. Il est un véritable billet aller-retour vers un lieu qui ne ressemble en rien à mon quotidien.
Un matériau froid, rigide et sans âme peut difficilement rivaliser avec la sensualité du papier. Et malgré son côté pratique, il ne me poussera pas à faire partie des premiers lecteurs qui prendront le tournant du numérique, non! J'ai encore trop de plaisir à voir grossir ma bibliothèque!