

Colmater la fuite
Karine Gélinas
Je pourrais vous parler de la prochaine édition du festival international Danse Encore qui aura lieu du 3 au 6 juin prochain – il a récemment dévoilé sa programmation, en plus d'un délicieux extrait de Gravity of Center, la dernière création de Rubberbandance – ou de Varia!, un nouveau spectacle équestre qui prendra l'affiche dès le 18 juin dans le secteur Pointe-du-Lac. Mais je ne le ferai pas. Ce n'est pas parce que je n'en ai pas envie; ces deux événements risquent de se conclure par un beau succès. C'est que je suis préoccupée par autre chose en ce moment.
En fait, ces temps-ci, je suis choquée. Et pas de n'importe qui, de nous. Je n'en reviens pas que l'appât du gain amène l'être humain à poser des gestes pouvant mettre en péril… la vie d'un écosystème, voire de la planète entière. Chaque fois que je vois des images de la catastrophe pétrolière dans le golfe du Mexique, j'ai l'estomac qui se noue. À la lumière de cet incident, ça me paraît étrange, le fait qu'on puisse forer ou transporter du pétrole en pleine mer. L'eau, c'est la vie, non? Et ce désastre a beau se passer à des kilomètres d'ici, je sais que nous pourrons mesurer ses conséquences jusque chez nous, puisqu'un déséquilibre écologique sera créé.
Depuis une semaine, je regarde donc ma voiture différemment. À chaque course, je pense aux oiseaux et aux poissons qui perdront la vie, aux berges qui seront polluées, à la végétation qui sera détruite et à tous ces gens dont l'existence sera chamboulée. Et je me dis qu'un tel désastre ne devrait jamais se reproduire. Jamais. Ainsi, je souhaite ardemment que la population se mobilise pour que le gouvernement fédéral canadien conserve des politiques robustes en matière de forage, qu'il ne courbe pas l'échine devant les entreprises pétrolières qui voudraient se soustraire à l'obligation de forer un puits de secours. En fait, je crois que c'est la plus belle action que nous pourrions poser pour «réparer» cette triste fuite.
Un parfait vaudeville
Sinon, pour passer à un sujet un peu moins pénible, ne trouvez-vous pas que les rebondissements entourant la construction de l'amphithéâtre sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent commencent à prendre l'allure d'une mauvaise pièce de théâtre? En tout cas, je n'ai pu retenir un petit rictus le matin où j'ai lu qu'un sondage visant à mesurer l'intérêt des citoyens par rapport au projet avait été commandé à l'insu des conseillers municipaux.
D'abord, j'étais contente qu'on prenne enfin le pouls de la population. Je me disais qu'il devait en être de même pour les élus réfractaires à la construction de l'amphithéâtre. Et pourtant, non. Il semble du moins que la conseillère Marie-Josée Tardif n'ait pas du tout apprécié de ne pas avoir été mise au parfum de l'affaire. En fait, elle aurait aimé pouvoir suggérer quelques questions. Bon, je la comprends un peu. Mais l'exercice n'embrasse-t-il pas son désir d'écouter l'opinion des citoyens? Des fois, j'ai l'impression que certains aiment être en désaccord. D'ailleurs, le maire Lévesque lui-même n'a-t-il pas déclaré qu'il n'était nullement au courant de ce sondage commandé par la Ville?!!