L’écho des Cantons

P’tite vite

C'est 20 $.

On m'a dit que ça pouvait être 10.

Oui, mais ce sera une petite séance.

Go pour la p'tite vite.

C'est ainsi qu'a débuté mon échange avec une gente dame qui exerce un noble métier: diseuse de bonne aventure. Comment un Thomas tel que moi s'est-il retrouvé à consulter une telle «spécialiste»? C'est dû à un grand sens du devoir et de la rigueur, of course (!?).

La semaine dernière, j'étais de la première de Carnivàle Lune bleue à Bromont (faste fête foraine comme on n'en fait plus; sur mon blogue, j'ai proclamé l'événement comme étant l'incontournable de l'été, rien de moins), et j'étais dans un tel état d'euphorie (j'ai rarement eu autant de plaisir dans ma vie d'adulte que lors de cette soirée) que je devais tout essayer, incluant une consultation avec l'inconcevable. Ainsi, après avoir assisté à des spectacles mémorables (dont le cabaret La Vie du cirque Les 7 Doigts de la main et un délirant freak show) et remporté suffisamment de prix aux jeux d'habileté (mon butin = une corde à danser et un harmonica), j'ai complété mon tour du propriétaire avec quelques nébuleuses données sur mon futur immédiat.

La boule ne ment pas

Elles étaient trois diseuses de bonne aventure installées sous un petit auvent, aux abords d'une vieille camionnette de tournée. Très crédible comme mise en scène. Je n'ai pas eu à choisir laquelle d'entre elles allait scruter mon avenir, car une seule des trois était libre. Le destin, je vous dis…

Son équipement de travail: une petite boule de cristal dissimulée sous un bout de tissu et une pierre mauve. Sa technique: écrire mon nom sur un bout de papier et dévoiler la boule qui se trouve sur un socle. Cela semblait suffisant, car tout lui venait très rapidement, sans décorum. Pas de table qui branle, de râlements ou d'yeux dans la graisse de bines, lire l'avenir semblait naturel, facile comme tout. Fait intéressant: elle a écrit Mathieu avec un T sur sa feuille… C'est mauvais signe? Ai-je eu droit aux prévisions d'un de mes homonymes?

Je ne vous divulguerai pas tout ce que la diseuse de bonne aventure m'a révélé, mais elle visait plutôt juste, la tannante. Ça titillait le sceptique en moi. J'ai tout de même eu droit à quelques révélations passe-partout, dont «Votre automobile aura besoin d'une importante réparation vers la fin de l'été» et sa suite logique: «Vous aurez quelques difficultés financières en septembre et octobre, mais après, tout ira beaucoup mieux.» Voilà qui est conséquent.

Bon vent

La seule révélation le moindrement troublante fut celle-ci: «Vous aurez une importante décision professionnelle à prendre au cours des prochaines semaines.» J'ai demandé plus de détails, mais la suite fut plutôt floue. Le canal de nouvelles du futur devait connaître des difficultés techniques.

S'il fallait prendre tout ça pour du cash (et extrapoler un peu), il y aurait des chances que je quitte le Voir prochainement et que ceci soit ma toute dernière chronique, mon ultime Pop culture. Grosses larmes de crocodile. J'en profite donc pour remercier mes fidèles lecteurs et mes (tout aussi fidèles) détracteurs.

Mais sachez que tout cela n'est que fabulation, car je continuerai à écrire cette chronique dans la joie et l'allégresse, sauf que je vous ferai faux bond la semaine prochaine, alors que je serai en vacances dans la Ville des vents.

Sachez que j'ai décidé de ne pas y aller en voiture. Juste au cas.