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Mines d'archives

Huit B.O. québécoises qui ne devraient pas être oubliées

Le 27 septembre dernier paraissait un album oublié de John Coltrane, Blue World, enregistré en 1964 à l’invitation du réalisateur Gilles Groulx en guise de trame sonore pour son classique Le chat dans le sac.

Au cours de l’été dernier, l’étiquette Trésor national faisait paraître une réédition de la cultissime trame sonore du film maple syrup porn Viens mon amour.

En 2011, je rééditais la bande originale du film Après-Ski via mon étiquette les Disques Pluton, révélant du même coup que le groupe Illustration en était le véritable auteur.

Le cinéma québécois a non seulement ses classiques cinématographiques, mais aussi ses grandes bandes-son.

Voici huit bandes originales de films québécois qui méritent de ne jamais être oubliées.

 

À tout prendre

Au milieu des années 1960, plusieurs cinéastes québécois s’inspirent du mouvement de la Nouvelle Vague française. Ils intègrent à leurs films de la musique jazz. C’est le cas de Gilles Groulx pour Le chat dans le sac, mais c’est aussi le cas de Claude Jutra qui engage le compositeur Jean Cousineau pour signer la musique de son film À tout prendre – l’un de ses futurs classiques. Un seul 45 tours démontrant la qualité de cette bande-son est édité en 1964, après la sortie du film. On nage en zone beatnik où jazz inquiétant et percussions suaves s’entremêlent pour créer une ambiance tout à fait en phase avec la modernité de l’œuvre de Jutra – aujourd’hui déchu.

 

Rouli-Roulant

Trois ans plus tard, Jutra réalise l’un des premiers documentaires portant sur la planche à roulettes, sport qui connaît alors un premier essor de popularité. En 2014, l’Office national du film célébrait ses 75 ans. Pour souligner le jubilé, l’ONF a demandé à 14 réalisateurs internationaux de remixer Rouli-Roulant. Mais la musique, composée par Pierre F. Brault (plus tard compositeur de la musique de Passe-Partout!), n’a pas été retouchée. La sublime chanson jazz du générique final est interprétée par une certaine Geneviève Bujold, presque inconnue. Essayez de ne pas être charmés par ceci.

 

Caïn – Les marcheurs de la nuit

C’est peut-être en travaillant sur la trame sonore du film Caïn, en 1965, que Jean Cousineau a passé le flambeau à son frère François. On peut lire sur la pochette du 33 tours que les musiques ont été composées par Jean Cousineau et graciées d’arrangements jazz de François Cousineau. Les chansons vocales y sont interprétées par Gaëtane Létourneau dont l’histoire a oublié le nom. Le jazz y est langoureux et ténébreux, embrassant la nuit. Le vibraphone mène le jeune sur des airs mystérieux et envoûtants. On sent que la B.O. d’Ascenceur pour l’échafaud de Miles Davis ne devait pas être bien loin quand ils ont composé ça!

 

La corde au cou

François Cousineau a composé énormément de musiques de films, particulièrement au cours des années 1970. Il suivait alors les pas de son grand frère, Jean Cousineau. En 1965, il se voit confier la tâche de composer la musique du film La corde au cou de Pierre Patry. Je n’ai jamais vu le film et, bien franchement, je pense pouvoir m’en passer. Mais je ne me passerais pas de la trame sonore de Cousineau qui oscille entre jazz noir, pop glauque et ballades tristes. Ça donne une ambiance parfaite pour une soirée de pluie d’automne.

 

Valérie

Il y a une dizaine d’années, Simon Leclerc du blogue Psyquébélique et Otis Fodder ont eu la minutie de numériser toute la musique qui est entendue dans le tout premier film de fesses québécois, Valérie (1969). Seul un 45 tours tiré de cette bande originale avait été lancé à l’époque. On peut y entendre une jeune Danielle Ouimet, actrice principale du film, entonner des chansons qui mettent son personnage en scène, sur des musiques composées par Michel Paje, son amoureux (dans la vraie vie). Leclerc et Fodder ont pris les deux chansons de ce 45 tours et les ont ajoutées aux morceaux qu’ils ont numérisés à partir du film. Ils ont créé leur propre pochette avec notes historiques et ont placé le résultat final en ligne sur le blogue Psyquébélique. Quelques années plus tard, un collectionneur a trouvé dans un marché aux puces un exemplaire du 33 tours de cette trame sonore «refait» maison. L’histoire ne précise pas comment ce disque s’est retrouvé là, mais il semble qu’un trippeux ait pris la peine de télécharger le travail de Simon et Otis puis de le faire graver sur vinyle, probablement en un seul exemplaire, pour son propre plaisir!

psyquebelique.blogspot.com

 

Le diable est parmi nous

Il s’agirait, en quelque sorte, du premier film d’horreur québécois. J’hésite à le nommer ainsi. Il s’agit bel et bien de l’histoire d’une secte plus ou moins satanique. Mais on n’y voit pas réellement de scène d’horreur, sinon une procession style messe noire suivie d’une orgie plutôt funky. La musique qui accompagne le film n’a jamais été éditée sur un album unique, mais plutôt sur un 45 tours chanté par Diane Dufresne (J’m’ennuie d’vant ma télé) ainsi que sur un album compilation de trames sonores de François Cousineau (encore lui), intitulé Les plus célèbres musiques de films du Québec de François Cousineau. On y trouve des chansons tirées des bandes-son des films L’initiation, L’amour humain, 7 fois par jour et finalement, Le diable est parmi nous. Pour ce dernier film, paru en 1972, on grave sur le disque un medley de pièces instrumentales inégales qui culmine avec une envolée funk ultra mean. Pour ces quelques secondes, le disque en vaut foutrement la peine.

 

La chambre blanche, Q-Bec My Love : L’Infonie et Jean-Pierre Lefebvre

L’Infonie a créé la musique pour quatre films du réalisateur Jean-Pierre Lefebvre vers la fin des années 1960 et le début des années 1970. Deux pièces utilisées dans La chambre blanche (1968) ont été gravées sur un rare 45 tours. Dans Q-Bec My Love – Un succès commercial (1970), on retrouve une chanson intitulée Q-Bec BBQ qui groove bien et qui mériterait d’être gravée sur vinyle. Encore une fois, Simon Leclerc de Psyquébélique et de La Jazzthèque québécoise a pris la peine de numériser la chanson à partir du film.

This Ain’t No Cinerama Baby, chantée par Denis Lepage, accompagné par L’Infonie pour La chambre blanche, vaut absolument une écoute! Une belle pépite de funk psychédélique!

 

Pinball Summer

C’était une comédie de totons de série B. Un long métrage pour ados attardés. Le film anglo-québécois de 1980 mettait en vedette un jeune Carl Marotte. Mais la trame sonore, elle, rassemblait un ex-membre des Sinners, Jay Boivin, en duo avec Germain Gauthier. Ensemble, ils ont composé un petit chef-d’œuvre de musique ensoleillée qui navigue entre power pop, new wave, pop 80 et influences des Beach Boys. Un exemplaire original trouve preneur pour une centaine de tomates.

 

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