Est-ce que tout n'est qu'un remix?
Né pour un petit like

Est-ce que tout n’est qu’un remix?

On entend souvent dire que la création, de nos jours, n’est qu’un emprunt à des formules, oeuvres et concepts qui nous précèdent. Que tout a été fait, imaginé, créé, et que tout ce qui s’invente à notre ère n’est qu’un réassemblage de techniques et idées venues du passé. «Everything is a remix», soutiennent ceux qui adoptent ce point de vue. La théorie est évidemment sujette à débat, mais mon avis sur la question est que si quelque chose d’unique naît de cet amalgame d’idées empruntées, il s’agit au final d’une création neuve. N’est-il pas intéressant d’avoir une perspective nouvelle sur des concepts anciens? De voir la lanterne d’un jeune artiste éclairer une notion qui le prédate?

Je vous entends d’ici vous exclamer « Non mais où c’est qu’y s’en va avec ça? C’est pas une chronique de réflexion sur l’art contemporain, c’t’histoire-là! », et vous avez bien raison. Mais il n’en demeure pas moins que cette première trouvaille jongle avec de nombreuses images qui rappelleront des souvenirs à plusieurs d’entre vous. Captive sur une planète qui semble tirée tout droit de la série Alien, l’actrice de Game of Thrones Gwendoline Christie s’y retrouve emmêlée dans des créations de haute couture imaginées par le designer hollandais Iris van Herpen. S’y mêlent donc plusieurs concepts qui ne datent pas d’hier, mais l’oeil du réalisateur Barnaby Roper les transcende fougueusement.

grafignage artistique

Ce n’est pas la première fois que j’en glisse dans l’une de ces chroniques, mais je ne pouvais absolument pas passer outre la plus récente vidéo de scratch routine du prolifique DJ Brace. Ce maître de la platine y livre une performance de plus de dix minutes où il fait preuve d’une technique qui en ferait pâlir plus d’un. Là où ça devient réellement intéressant, c’est que cette livraison agile parvient à conserver une musicalité qui n’est pas commune à tous les scratch DJs. Il s’agit là d’un des défis majeurs pour quiconque veut s’adonner au grafignage de vinyles professionnellement. Savoir allier le côté virtuose de cette discipline à une création musicale qui peut être appréciée sans avoir les yeux rivés sur les Technics et le mixer n’est pas mince affaire. Brace est pour sa part en plein dans l’équilibre, passant aisément par un éventail de styles très distincts sans jamais sembler hors de son élément.

la théorie musicale vulgarisée en biscuits

Vous êtes vous déjà demandé ce que voulaient dire les termes «forme sonate», «musique modale» et autres technicalités musicales, sans jamais oser le demander? Le côté théorique de la musique est rebutant pour le public large, étant trop souvent cantonné au rang des étudiants en musique et de leurs profs. Les gens de Classic FM ont donc décidé de démystifier le tout d’une façon très ludique. Ils expliquent aux masses la différence entre une triade majeure ou mineure, la nature d’un «thème et variations», les particularités des gammes modales et bien d’autres secrets bien gardés des musiciens… avec des biscuits. Dirigez-vous ici pour la série complète!

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le retour de la voix de la révolte

Ça y est. Après un très long silence qui a plongé ses fans dans un questionnement à savoir s’il reviendrait bel et bien un jour, le grand Zack de la Rocha refait surface de façon fulgurante. Avec un son tout à fait inattendu, gracieuseté de El-P (Run the Jewels), la voix derrière des classiques tels que Guerilla Radio et Killing in the Name ressort des limbes en ces temps des plus troubles. D’aucuns diront que c’est le moment parfait pour le voir briser le silence, évoquant la course à la présidence américaine qui ressemble parfois plus à un cirque qu’à une expression de la démocratie en action. Quoiqu’il en soit, ce surprenant titre électro/hip-hop lui sied à ravir, et on ne peut que se demander ce qu’il nous réserve pour la suite.

Nostalgie suédoise

Si vous avez pris l’habitude de lire cette chronique, vous savez que le spectre de mes passions ratisse plutôt large. Je parle ici tour à tour de musique, de photographie, de jeux vidéo, de culture geek, de photo et j’en passe. Mais rares sont les sujets qui réunissent presque toutes ces facettes contrastantes de mes intérêts. L’artiste (inventeur? Ébéniste? Électronicien? On vient qu’on ne sait plus trop) suédois Love Hulten tombe en plein dans cette catégorie à part. Imaginant de véritables oeuvres d’art personnalisées pour chacun de ses clients, il combine retrogaming, création d’instruments inusités, techniques d’ébénisterie traditionnelles et design sans faille (c’est un Suédois, après tout!) dans des créations uniques en leur genre. Ça doit coûter une beurrée, Mais c’est magnifique. Visitez son site web juste ici.

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Des lumières fantomatiques

Nous sommes définitivement dûs pour ce genre d’événement à Montréal et Québec. Deep Web est la plus récente création de l’artiste Christopher Bauder et de son acolyte Robert Henke. Originellement commandée par la Fête de Lumière de Lyon, cette expérience audiovisuelle unique en son genre prend avantage des dimensions gigantesques des salles où elle est présentée. La lumière occupe la place de protagoniste dans ce spectacle multimédia qui ne ressemble à rien d’autre. Au coeur de l’Église St-Jean-Baptiste, ce serait du délire.

pauvreté symphonique

Pensez à Star Wars ou Indiana Jones, à The Exorcist, à Godfather ou à l’ouverture de 2001 : A Space Odyssey. Au moment même où on évoque les titres de ces films, leur thèmes musicaux respectifs prennent d’assaut nos souvenirs. C’est l’un des rôles les plus importants d’une bande originale (bon, d’accord, Also Spracht Zarathustra n’a pas été composé spécifiquement pour 2001, mais vous voyez où je veux en venir). Elle doit marquer le public, porter l’émotion contenue dans le film et y coller de manière si fusionnelle qu’elle en devienne un élément clé indissociable de l’oeuvre globale. Brian SatterwhiteTaylor Ramos et Tony Zhou se sont penchés sur un phénomène intéressant : bien que les films de Marvel soient des succès incroyables au box-office, il est presque impossible pour quiconque de se rappeler ne serait-ce que d’un seul thème musical y étant entendu.

Ce court documentaire met en lumière la relative «pauvreté» de l’univers musical des blockbusters modernes. On y fait également découvrir aux néophytes l’existence de la musique «temp», ces morceaux empruntés à d’autres films qui sont placés dans le montage avant que celui-ci ne soit envoyé aux compositeurs, histoire que ces derniers aient une idée de ce que le studio désire entendre. Le problème est que très (trop) souvent, on leur demande de faire une copie presque identique du temp, ce qui donne des résultats peu mémorables. Sous le documentaire, vous trouverez également une deuxième vidéo qui met en opposition les temp et les bandes originales de films à succès, démontrant à quel point certains emprunts musicaux sont des plagiats presque intégraux.

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