Ondes de choc

Moi, j’veux jouer au cow-boy

Juste comme vous pensiez que le Québec était immobile et qu’il freinait tous les méga-projets qui lui étaient présentés sur un gros plateau d’argent par des demandeurs de subventions professionnels, Jean Charest sort ses bulldozers et fait adopter de force quatre projets de loi controversés, dont celui du mont Orford.

"Tiens, ça va leur montrer que je suis un homme d’action et que je mets mes culottes! Ils vont arrêter de dire que je m’écrase devant les groupes de pression!"

Ah, pour bouger, il bouge, monsieur Charest.

Que dis-je! Il court, il brûle l’asphalte. "Est-ce un avion? Est-ce un oiseau? Non, c’est Jean Charest qui impose un bâillon et qui passe des lois en pleine nuit!"

Las de se faire traiter comme un p’tit cul par l’ensemble de la province, Jean Charest s’est acheté un gros chapeau de cow-boy et a sorti ses guns à plombs pour impressionner ses adversaires et montrer qu’il a bel et bien des couilles sous ses culottes courtes à carreaux.

Hey, boule de gomme, serais-tu devenu un homme?

Le hic, c’est que cet empressement est au service d’une mauvaise cause.

Comme je dis à mes filles lorsqu’elles font des crises à propos d’une peccadille: "Choisissez vos batailles! Ce ne sont pas toutes les causes qui valent d’être défendues avec ardeur. Parfois, il est bon d’abandonner certains dossiers pour en faire avancer d’autres…"

C’est ce que je me dis chaque fois que je regarde notre premier ministre aller.

Jean Charest veut montrer qu’il est un chef, un homme d’action, un leader qui met ses culottes et qui est prêt à essuyer des critiques pour défendre des dossiers qui lui sont chers. D’accord, je comprends à 100 %.

Mais pourquoi défendre ce projet-là? Pourquoi cet empressement quasi suicidaire à défendre un projet qui est rejeté par l’ensemble de la population?

Pourquoi mettre sa tête sur le billot pour une histoire de condos construits à flanc de montagne?

Quelle anguille se cache sous cette roche? Pourquoi le premier ministre tient-il absolument à défendre ce projet indéfendable, contre vents et marées, quitte à y laisser sa peau?

Est-ce si important pour l’avenir du Québec? Notre bien-être collectif reposerait-il sur la santé financière d’un centre de ski?

Le mont Orford abrite-t-il des puits de pétrole, une mine d’or, des lanternes magiques?

Qui sait? C’est peut-être une histoire de chantage…

Le propriétaire de la station de ski possède peut-être des photos compromettantes montrant certains membres du gouvernement en train de baiser avec des animaux…

On a beau dire, on a beau faire, l’empressement frénétique de monsieur Charest à nous faire avaler ce projet indigeste est bizarre.

Comme dit mon père: "Ça sent mauvais…"

Ça sent le renvoi d’ascenseur, le copinage, la tractation. Merci pour l’aide que tu m’as apportée, et pour te prouver ma reconnaissance, je te donne le feu vert pour la construction de tes maudits condos…

Monsieur Charest veut changer son image, et montrer qu’il est un homme d’action, qu’il bouge, qu’il déplace des montagnes.

O.K.

Mais un vrai chef ne fait pas que bouger.

Il bouge quand ça vaut la peine de bouger. Il met ses culottes quand ça vaut la peine de mettre ses culottes. Il court, oui, mais dans la bonne direction.

Or, qu’est-ce qui est si pressant dans l’affaire du mont Orford, pouvez-vous me le dire?

Pourquoi monsieur Charest s’est-il levé un matin en se disant: "Je vais faire passer ce projet coûte que coûte, vaille que vaille, dussé-je y laisser ma peau?"

Non, vraiment, plus ça va, plus cette histoire sent mauvais…

Moi, si j’étais le chef de l’opposition, je mettrais un homme (ou une femme) là-dessus.

ooo

Vendredi dernier, l’imam Saïd Jaziri a été attaqué par un débile qui voit des terroristes partout. "C’est la faute aux médias qui ont jeté de l’huile sur le feu en publiant les propos de Fatima Houda-Pépin", a-t-il dit.

Bien tiens, ça tombe sous le sens.

Si des imams se font attaquer par des zoufs, c’est parce que des musulmanes modérées osent critiquer les extrémistes. La meilleure façon de lutter contre l’intolérance est la censure.

C’est comme les femmes. Il faut les voiler, sinon elles incitent au viol…

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