Pop Culture

Enfin

À la fin de la semaine passée, Ville Saguenay a fait une annonce aussi surprenante qu’attendue, aussi paradoxal que cela puisse paraître. En effet, vendredi dernier, Ville Saguenay convoquait la presse et tout le milieu culturel pour annoncer la mise en place d’un conseil des arts municipal. Il y a belle lurette que la demande d’une telle instance flottait dans l’air, mais depuis la création de la nouvelle ville, le besoin s’est fait plus pressant et le milieu culturel, plus insistant. Il y a donc près de deux ans, lors de l’harmonisation des politiques culturelles des villes fusionnées, quatre personnes mandatées par le milieu culturel se sont assises avec quatre élus de la Ville pour négocier les conditions de mise en place de ce conseil, ses objectifs, ses buts, ses règles et son fonctionnement. Ces longs mois de discussions, de pourparlers et de tergiversations entre le conseil de ville et le milieu culturel semblent avoir débouché sur quelque chose de concret, qui plaît à la fois à l’administration municipale et aux travailleurs culturels concernés. Sur un ton et avec une ouverture qu’on lui connaît peu quand il est question de culture, le maire de Saguenay, monsieur Jean Tremblay, a fait l’annonce officielle de la mise sur pied de ce conseil des arts en reconnaissant par la même occasion les erreurs de jugement et le manque de confiance dont a fait preuve son administration par le passé.

Le Conseil des arts de Saguenay sera formé par des gens du milieu de la culture, neutres et non partisans, qui seront chargés de recevoir et de juger les demandes de subventions des organismes culturels professionnels selon des critères clairs et transparents. Plus question, donc, d’attribuer des subventions par-ci, par-là, selon des décisions politiques. Les comités responsables de l’attribution des subventions seront formés par des pairs qui n’auront aucun conflit d’intérêts avec les demandeurs.

En outre, le nouveau conseil pourra compter sur un employé à temps plein qui travaillera au développement des programmes et à la recherche constante de nouvelles avenues, d’innovations et de nouveaux outils structurants dans le domaine culturel.

"Nous ne pouvons qu’applaudir cet heureux retournement, reconnaît Denise Turcotte, présidente de Solid’ART. Il faudra seulement s’assurer, au fil du temps, que ce ne sera pas une structure inutile de plus, mais un véritable outil de développement. On est très contents, mais on surveillera ça de près." La prochaine étape sera de faire accepter au milieu culturel tout le contenu des négociations qui viennent d’être approuvées par la Ville. "Ce sera autour du retour des Fêtes", mentionne Guy Blackburn, artiste sculpteur, l’une des quatre personnes impliquées dans les négociations avec la Ville. "Nous sommes heureux du résultat, ça ne peut être qu’un plus pour tout le monde, tous les citoyens y compris."

Une excellente nouvelle, en somme, qui risque d’avoir d’heureuses répercussions, en particulier pour les petites productions plus marginales, mais qui ont une importance cruciale pour la vitalité culturelle de la région. Puisse cette annonce mener à l’éclosion de nouveaux projets vivifiants et stimulants, autant pour le moral des troupes que pour l’économie locale, qui en a bien besoin.