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Solo de clavier

L’autre finale

Alors que le Canadien entame un cheminement qui le mènera, on l’espère, vers la coupe Stanley, la Ligue d’improvisation musicale de Montréal, elle, termine une 10e saison glorieuse.

D’un côté de la ville, PK et ses coéquipiers laceront leurs patins. De l’autre, Alexis Dumais – de l’équipe du Divan orange – branchera son clavier alors que Benoit Paradis, fier représentant du Lion d’or, astiquera son trombone. «Le Divan orange est l’équipe qui a remporté le plus de championnats au fil des ans, dont trois titres consécutifs», commente Éric Harvey, cofondateur et directeur artistique de la LIMM. «Le Lion d’or a toutefois battu le Divan le 7 février dernier. La finale, cette année, pourrait permettre au Lion d’or d’aller chercher un premier titre.»

Inspirée par une ligue semblable instaurée en 1999 à Québec, la LIMM a été lancée en 2003 et comptait déjà sur les services de «joueurs étoiles» tels que Bernard Falaise (artiste de musique actuelle fort respecté) et J-F Lemieux (bassiste de renom qui refait surface avec Cargo Culte ces jours-ci). Bien que, selon Harvey, les saisons suivant l’inauguration aient été plus ardues – l’effet de nouveauté s’étant estompé –, celui-ci constate un nouvel engouement depuis quelques années, autant du côté du public qui se presse aux soirées que de la part des musiciens qui, mine de rien, trouvent défis et collègues au fil des joutes. «C’est un milieu de rencontre, un laboratoire ainsi qu’un terrain de jeu», poursuit le directeur artistique, pointant le fait que la ligue sort ces artistes de leur zone de confort, bien sûr, mais aussi du train-train de leurs projets solos. «C’est tester ses limites, se lancer dans le vide et découvrir de nouvelles facettes de soi, je pense… tout en ayant du plaisir aussi!» 

Évidemment, au fil des années, Harvey a assisté à bon nombre de morceaux de bravoure. Parmi ses moments favoris, il en un note qui – tiens, tiens – nous mènent à la finale de ce jeudi. «Le 7 février dernier, lors de la soirée opposant le Lion d’or au Divan orange, on a eu droit, selon moi et d’autres musiciens de la ligue, au plus grand match de la LIMM. Ça a été un moment magique qui s’est étalé sur trois périodes alors que, souvent, un match d’improvisation est ponctué de bons et moins bons moments. Mais là, chacune des improvisations était excellente. J’ai eu du fun quand l’équipe du Divan orange a fait un honky-tonk. Les musiciens “mixaient” ensemble, en plus de se passer la puck en livrant des solos l’un à la suite de l’autre. Il y avait des ovations en plein milieu de l’improvisation! C’était… magique!»

Noces d’étain obligent, le cofondateur multiplie les moyens de faire mousser la ligue, alors que ses coûts de production élevés et sa définition plutôt obtuse (c’est un concert de musiciens émérites, mais c’est aussi de l’impro qui veut demeurer abordable) font en sorte qu’on peut difficilement l’amener sur les routes du Québec. D’où l’idée de proposer un projet télé (à suivre), en plus de collaborer à la mise sur pied d’une ligue semblable en France, en collaboration avec Manu de Tryo, fervent amateur de la LIMM (encore une fois: à suivre). 

Bonne fête, la LIMM, et surtout, bon match!

Finale de la 10e saison de la LIMM ce jeudi 2 mai au Petit Campus. Détails sur limm.ca.

Jour de paie

Coudon, c’est «ze» semaine pour les joutes musicales! Les amateurs de musiques du monde sont invités à se rendre au Cabaret du Mile End pour assister à la finale des Syli d’or qui opposera Gree en famille de France, Raices, Cana y Son de Colombie et Bumuranga de Colombie. Comme si ce n’était pas assez, c’est gratuit. Détails sur festivalnuitsdafrique.com

Pour les amoureux du jazz, Jill Barber vous attend le même soir au Métropolis. 

Le lendemain, Ronald Di Lauro, professeur de musique à l’Université de Montréal, à McGill et à l’UQAM, insufflera une nouvelle vie au Corps musical de l’Ordre des fils d’Italie au Canada, un orchestre de musiciens italiens actif au cours des années 1930 jusqu’à sa fin abrupte en 1940. Mieux encore, ce retour sur scène se fera là où la bande a été interrompue: à la Casa Italia (505, rue Jean-Talon Est). 

Pour les mélomanes préférant leurs mélodies avec un zeste de futurisme, la Faculté de musique de l’Université de Montréal clôt sa présente série de concerts électroacoustiques ce soir à la salle Claude-Champagne. Cassé? C’est gratos, justement. Détails sur musique.umontreal.ca.

Bien sûr, si vous ne l’avez toujours pas vu en spectacle, Richard Desjardins offre des supplémentaires ce vendredi ainsi que ce samedi au Métropolis.