Sur le fil

Profusion folk

 Les Prix de musique folk canadienne (PMFC) voyaient le jour il y a cinq ans. En réaction à la possible annulation aux JUNO d'un des deux seuls prix consacrés au genre folk ou roots, le musicien Grit Laskin (Borealis Recording) et Roddy Campbell (éditeur de Penguin Eggs) mettaient sur pied un événement qui rendrait ses lettres de noblesse au style musical que l'on pourrait aisément qualifier de plus répandu au pays. Si l'importance accordée au genre dans les remises de prix et galas s'avère toujours aussi peu représentative de sa diversité et de son étendue cinq ans plus tard, voilà que ces nouveaux prix commencent à gagner en notoriété sur la scène folk canadienne – le nombre de candidatures a doublé, les primés arborent de plus en plus une mention à leur portfolio, site Web ou dossier de presse, etc.

Reste une bonne part du gâteau à conquérir: le Canada francophone et plus particulièrement le Québec – dominé par les prix que remet l'ADISQ chaque année. Or, le PMFC est bel et bien un organisme bilingue qui a le souci de proposer un événement dans les deux langues et d'ouvrir grand la porte aux artistes francophones. Mais la campagne de séduction est ardue, confirme Carole Pigeon, membre du comité qui a justement cet enjeu pour cheval de bataille. D'abord timides, les candidatures commencent tout de même à entrer, lentement mais sûrement. La catégorie Auteur-compositeur francophone de l'année renferme des candidatures intéressantes – 3 Gars Su'l Sofa, Caracol, Catherine Durand, Maryse Letarte, Paul Cargnello – et on compte quelques autres francophones dans d'autres catégories – Serre l'Écoute, OktoEcho, La Nef, Wesli… Du reste, soulignons que 2009 est la première année où l'entièreté des 19 catégories qui avaient été créées à l'origine sont actives, le nombre d'entrées ayant été jugé suffisant pour chacune d'elles – parmi lesquelles Auteur-compositeur autochtone de l'année, absente en 2008.

Autrement, la liste des finalistes met en relief à quel point les artistes folk sont dispersés à la grandeur du pays. «Il y a une communauté folk, il y a un esprit folk, il y a une ambiance folk. C'est très ouvert et amical. Il y a des dizaines de clubs et de festivals folk au pays et quand les artistes se retrouvent sur une même scène, ça fait mélange et c'est le délire total. C'est vraiment la particularité du milieu folk, son sens de la communauté…» constate Carole Pigeon.

 

Une vitrine pré-gala

Depuis la création des prix, le lieu de l'événement alterne entre une ville canadienne choisie et la région de la capitale nationale, plus précisément le Musée canadien des civilisations. Or, cette année, le comité d'administration a décidé – «l'esprit folk étant là» – de changer d'endroit à quelques jours de l'événement, pour ne pas franchir les piquets de centaines de travailleurs en grève. Le gala du 21 novembre, animé par Benoit Bourque et Shelagh Rogers, se tiendra donc à l'église Dominion-Chalmers d'Ottawa, équipée pour ce genre d'événement. Ouvert au public, le gala, qui sera suivi d'une réception, comprend des prestations des artistes suivants: April Verch, Old Man Luedecke, Les Charbonniers de l'enfer, Yonder Hill, Valdy et Catarina Cardeal & Mike Siracusa.

Nouveauté cette année, les PMFC profiteront de la présence des artistes finalistes pour leur offrir des vitrines où ils pourront se faire valoir devant des diffuseurs et des spectateurs. La Vitrine des finalistes se tiendra la veille du gala, soit le 20 novembre à 19h30 à la Quatrième Salle du CNA, et mettra à l'honneur la formation torontoise Sultans of String, le trio a capella québécois Serre l'Écoute, l'auteure-compositrice d'Edmonton Maria Dunn, la chanteuse vancouvéroise Kate Reid, le Winnipegois autochtone Don Amero ainsi que le guitariste d'origine écossaise Tony McManus. La soirée sera aussi une occasion de découvrir les lauréats du prix Songs from the Heart du Conseil des festivals folk de l'Ontario, soit Cindy Doire et David Leask.

Info: www.prixfolk.ca