Capitale: hydre ou rail?
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Capitale: hydre ou rail?

Chaque année, on sursaute à la lecture des résultats du palmarès des villes canadiennes où il fait bon vivre. Selon l'analyse «Canada's Best Places to Live 2010» du magazine canadien MoneySense, Ottawa et Gatineau arrivent cette année encore en tête du classement parmi 179 villes (de plus de 10 000 habitants). La région avait remporté les mêmes honneurs en 2007 et en 2008, mais avait été devancée par Victoria en 2009.

D'abord, pourquoi faut-il encore une fois fondre Ottawa et Gatineau en une seule et même entité alors que les situations de travail, de logement, de services sociaux et de soins de santé – pris en compte dans l'évaluation parmi 20 critères – sont si différentes d'un côté et de l'autre de la rivière?

Ensuite, comment une région peut-elle être si performante (une cote de 73,5 points sur un total de 105) dans ce genre d'études et si peu estimée par ses citoyens? Problème de perception? Complexe d'infériorité?

Voilà quelques éléments de réflexion sur lesquels se penche présentement la Commission de la capitale nationale (CCN), qui s'apprête à réviser le Plan de la capitale nationale, cet exercice de vision sur 50 ans qui est revu tous les 10 ans. Parallèlement à cela, la CCN travaille avec une firme de consultants afin de proposer une image de marque de la capitale du Canada. Selon un sondage national dans le cadre de l'étude de marché stratégique, la population canadienne serait satisfaite de l'apparence de la capitale, de sa richesse historique et culturelle, mais se reconnaîtrait moins dans son approche environnementale et les valeurs qu'elle véhicule, a confié Marie Lemay, première dirigeante à la CCN, sur les ondes de Bernier et Cie à Radio-Canada.

L'étude permettra ainsi à la CCN de bâtir un branding en fonction des commentaires récoltés et d'une vision d'avenir en proposant une image, un slogan, une campagne qui fera vibrer la feuille d'érable des Canadiens de Victoria à St. John's à l'égard de leur capitale. Les premières ébauches seront proposées au public les 5 et 6 juin, lors de l'événement Portes ouvertes Ottawa.

Quel exercice hasardeux, tout de même, que de trouver une image, une couleur, une forme, un symbole dans lesquels tous les Canadiens se sentiront représentés, interpellés, et ce, alors même que les Ottaviens-Gatinois ne se sentent même pas unis sous une même bannière!

Peut-être qu'une hydre, ce serpent à plusieurs têtes muni de longs tentacules issu de la mythologie grecque antique, pourrait convenir? Ou alors, pourquoi pas un rail de chemin de fer, pour représenter toutes ces provinces et territoires qu'on cherche à attacher ensemble tel un lacet de chaussure – jusqu'à Gatineau et Ottawa, qui veulent se doter d'une boucle ferroviaire liant les édifices fédéraux et les institutions culturelles majeurs? Bon, je vais repasser pour ma carrière de publicitaire, mais c'est avec une curiosité aiguisée que je suivrai le dossier… qui n'est pas sous le joug de Clotaire Rapaille, rassurez-vous.

© Ville d'Ottawa