Sur le fil

Bâtir des ponts

Vous connaissez artsScene Ottawa? Probablement pas, puisque je n'en ai eu vent moi-même que tout récemment. Cet organisme a été créé en 2006 par un groupe de jeunes professionnels (18-40 ans) du milieu des affaires. Ils se sont réunis un soir, dans le but de promouvoir la scène culturelle par le bénévolat, l'implication et le soutien aux différents organismes locaux. Les organismes artistiques bénéficieront ainsi d'une expertise issue du monde des affaires souhaitée, et d'autant plus primordiale quand on pense aux collectes de fonds, événements spéciaux et projets à long terme qu'un organisme doit mettre sur pied.  Ayant depuis exporté son concept dans quatre grandes villes canadiennes (notamment Montréal), voilà qu'artsScene Ottawa commence à faire bouger les choses. Un tout petit peu.

La prémisse de départ d'artsScene Ottawa est bien simple: être l'hôte au cours de l'année d'une poignée d'événements variés qui auront pour but de favoriser l'échange entre nos organismes culturels locaux et des intervenants du milieu des affaires. «Nous proposons en moyenne six événements par année. C'est la fin de notre première année, ici à Ottawa, et nous tentons de créer un pont entre deux communautés: les artistes et les organismes dont ils font partie et les gens des affaires», explique Adam Brown, membre du conseil d'administration d'artsScene Ottawa. «Nos artistes d'ici ont besoin de spectateurs, de vitrines favorables à leur art. Nos artistes éprouvent le besoin d'avoir des chefs, ils ont besoin aussi de ressources financières, logistiques et humaines.»

Tisser des liens

L'événement boardLink, qui aura lieu le 2 novembre prochain à la Cour des arts, vise à passer à l'action, en misant sur un speed dating entre les organismes qui seront présents (Great Canadian Theatre Company, Fondation de la Cour des arts, Théâtre la Catapulte, Nuit Blanche Ottawa) et des gens des sphères du développement des affaires, du marketing, des finances ou du droit désireux de s'impliquer et de jouer un rôle à la direction, ou du moins, de siéger au conseil d'administration desdits organismes. «En quelques minutes, les organismes rencontrent les individus, font les premiers contacts, expliquent leur mission. Les individus présents expliquent ce qui les amène à être présents, leurs motivations et donnent une idée de ce qu'ils pourraient apporter à l'organisme s'ils venaient à se consacrer à cette cause», explique Brown, également professeur à l'Université d'Ottawa. «Je crois qu'à Ottawa, il y a une foule de personnes qui voudraient être dans un conseil d'administration d'organisme comme le Great Canadian Theatre. Le problème, c'est que ces gens ne savent pas comment. C'est justement ce à quoi artsScene Ottawa tente de remédier.»

Pour informations: www.businessforthearts.org/artssceneottawa.                                 

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En discutant avec des fonctionnaires de la Ville d'Ottawa à propos de la réalisation du plan quinquennal culturel et patrimonial qui devrait être terminée l'an prochain, j'ai entendu mentionner à plusieurs reprises le problème de l'abysse qui subsiste entre la communauté d'affaires ottavienne et les organismes chargés de faire la promotion de notre culture locale. Je crois que n'importe quel organisme qui tente de tisser des liens entre les différents milieux dans notre ville aura toujours raison de le faire. Et dans le cas d'artsScene, c'est la communauté artistique qui profitera de tous les avantages, de même que vous, au final, lorsque vos organisations artistiques pourront entamer des rénovations depuis trop longtemps reportées, offrir une programmation annuelle plus étoffée ou se garder la tête hors de l'eau encore plus facilement.

 artsScene

 

 

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