Voix publique

Une crise qui ne prend pas de vacances

 

Au grand plaisir de la population, les politiciens sont presque tous partis en vacances.

Même Jean Charest est sur le point d'aller "marier" sa fille au royaume de Sarko, son grand ami. Ne reste plus au boulot que Stephen Harper, incapable d'arrêter de se pincer depuis qu'il est enfin majoritaire.

Ou encore François Legault, occupé à travailler comme une abeille à concocter son nouveau parti avec son allié et grand ami de Jean Charest, Charles Sirois.

Mais peut-on le blâmer de ne pas trop se reposer?

Après tout, la seule idée de son futur parti fracasse des records dans les sondages. Sans compter qu'il réjouit des milieux d'affaires impatients de voir naître ce qui risque fort de ressembler à une espèce de croisement idéologique "libéralo-adéquiste".

Soit un parti de "centre droit" empressé de jeter la souveraineté aux oubliettes de l'Histoire pour mieux s'occuper des "vraies affaires"…

Pendant ce temps, dans le jardin de Pauline…

À l'instar de François Legault, la crise au sein du Parti québécois ne semble pas vouloir prendre de vacances.

Depuis la démission fracassante de cinq députés au début juin, des grondements n'ont pas cessé de se faire entendre. Autant à l'extérieur qu'à l'intérieur du caucus de Pauline Marois.

Difficile en effet de se remettre sans cicatrices du départ d'une Lisette Lapointe. Surtout que Mme Marois perdait en même temps le soutien précieux du mari de Mme Lapointe – l'ancien premier ministre Jacques Parizeau.

Ou d'un Pierre Curzi, son populaire porte-parole sur la question linguistique. Ou d'une Louise Beaudoin – mère spirituelle de la fameuse Charte de la laïcité promise par le PQ.

Ou encore d'un Jean-Martin Aussant, ce jeune économiste qui en impressionne plusieurs et est vu comme l'incarnation possible d'une relève clairement indépendantiste.

D'où l'étonnement de voir la chef péquiste s'acharner depuis leur départ à les faire vilipender publiquement par ses députés restants. De toute évidence, elle cherche à discréditer ces nouveaux "ex" auprès d'une opinion publique plutôt sympathique à des démissions faites, après tout, sur une question de principe.

À la sortie d'un caucus surréaliste où Mme Marois s'est vue obligée de demander à ses députés de garantir loyauté à son leadership et au programme du PQ, le doyen de ses élus, François Gendron, est même allé jusqu'à les ridiculiser en traitant les doléances des démissionnaires de "petit mal de ventre".

Plus tard, un autre député péquiste demandait carrément à ses ex-collègues dissidents de démissionner aussi de leur siège pour aller chacun en élection partielle.

Puis, un autre député du PQ est venu traiter de "traître" un ex-candidat bloquiste intéressé par Legault. Et enfin, Le Devoir obtenait cette semaine un courriel envoyé par le député péquiste Stéphane Bergeron à un militant.

Selon Le Devoir, M. Bergeron y faisait le constat d'une chef dont la "crédibilité" et le "prestige" sortent gravement minés par la crise et les divisions fort publiques du dernier mois.

Puis, il disait imaginer l'"espoir extraordinaire que susciterait l'apparition, sur la scène politique québécoise, d'une coalition progressiste et souverainiste". L'impression étant que le PQ ne semble plus capable de jouer pleinement ce rôle lui-même.

Enfin, semblant reconnaître qu'il y a crise de leadership, il mettait le doigt sur LE problème: le "ciment" du projet souverainiste "s'effrite" et ce n'est pas "simplement le fait d'une crise de leadership".

Le jour de la publication de l'article du Devoir, M. Bergeron a réfuté le tout et s'est indigné de l'interprétation faite par le quotidien. Son "message", disait-il – tout en appuyant Mme Marois -, se voulait plutôt un "appel à l'unité des troupes progressistes et souverainistes derrière le Parti Québécois".

Quoi qu'il en soit, ces constats ne sont en fait que des évidences. Ce qui, par ailleurs, n'enlève rien à l'appui du député à sa chef.

Oui, cette crise et ces divisions ont coûté et coûteront cher au PQ.

Et oui, pour le moment, le tout a sérieusement plombé la crédibilité du leadership de Mme Marois.

Il faudrait vivre sur une autre planète, ou faire ouvre de spin doctor professionnel, pour ne pas le voir.

Pauline Marois aime dire qu'elle trouve la paix et la sérénité dans son jardin. Ce qui se comprend parfaitement.

Or, cette année, ce sont plutôt des épines bien aiguisées qui semblent vouloir l'y attendre.

Et pendant ce temps, sentant le terreau politique particulièrement fertile pour eux, messieurs Legault et Sirois y sèment joyeusement les fondements de leur futur parti, de ses premiers candidats et de son financement.

Lorsqu'on est aussi attendu et espéré par le milieu des affaires, cette dernière activité ne devrait pas trop poser problème.

Même en été…

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Addendum: Et comme quoi…. en effet, cette crise ne prend pas de vacances… http://www.voir.ca/blogs/jose_legault/archive/2011/07/14/photo-de-famille.aspx

 

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