Festival des Films du Monde : Embarquement immédiat
Cinéma

Festival des Films du Monde : Embarquement immédiat

Le FFM, c’est le tour du monde en concentré. L’Asie aurait été une destination cinématographique hot, mais la 24è édition du Festival nous emmène en Italie.

Le FFM, c’est le tour du monde en concentré. L’Asie aurait été une destination cinématographique hot, mais la 24è édition du festival nous emmène en Italie. Que savons-nous aujourd’hui de la production cinéma italienne? Pas grand-chose. Honorons donc Francesco Rosi, et suivons les coups de coeur de monsieur Losique… En compétition officielle: la comédie La Via deli Angeli, de Pupi Avati, avec la jeune Valentina Cervi (Rien sur Robert, Artemisia) et Qui non é il paradiso, de Gianluca Maria Tavarelli (qui présente aussi Un Amore), sur un vol dans un fourgon postal à Turin. On a hâte de voir Je préfère le bruit de la mer, de Mimmo Calopresti (auteur de La Seconda Volta avec Nanni Moretti), mettant en scène l’excellent Silvio Orlando. On peut retenir aussi une compilation des meilleurs moments de l’humour à l’italienne: Da Toto a Benigni, de Jorge Dana; et un film sur le grand Luchino Visconti, par un historien du cinéma, Carlo Lizzani.

Québec-canada
Outre le Maelström aquatique de Denis Villeneuve, le Hochelaga de motards de Michel Jetté, et l’adultère de L’Invention de l’amour, de Claude Demers, on souligne la présence de vidéos (Guantanamera Boxe, de Richard Jean-Baptiste et Yann Langevin et L’Emploi du temps, de Carole Poliquin). Dans Les Chasseurs d’ombres, de Jean Marc Larivière, 4 personnes, dont l’animateur de télé Paul Houde, assistent à la dernière éclipse de soleil du millénaire. En animation, Bully Dance, de Janet Perlman, Du big bang à mardi matin, de Claude Cloutier; et 1974, de Paula Mac Dougall., sont intéressants. Nicolas Wadimoff, qui était aux commandes de Clandestins avec Denis Chouinard, réalise Mondialito (coscénarisé par Louis Bélanger), le récit d’un parcours initiatique qui passe par le foot, avec, en prime, Emma de Caunes. À noter: Pascale Bussières fait sa première percée en France dans le film Lesfilles ne savent pas nager, d’Anne-Sophie Birot. Et avec Pleure pas Germaine, une coproduction Belgique-France-Espagne, un jeune cinéaste, Alain de Halleux, a craqué pour le roman de Claude Jasmin.

France
Dans Épouse-moi, de Harriett Marin : Michèle Larocque, Vincent Pérez, Miki Manoljovic et Audrey Tatou se font la comédie. Avec Meilleur espoir féminin, où un père s’inquiète pour sa fille (Bérénice Bejo) happée par le showbiz, Gérard Jugnot (Une époque formidable) montre encore une fois qu’il n’est pas qu’une ordure de père Noël. Soyons curieux de La Mécanique des femmes, de Jérôme de Missolz, avec Christine Boisson et Rémi Martin ; et de Sur quel pied danser?, de Jacques Fansten (La Fracture du myocarde) avec Dominique Blanc. Le prolixe Chris Marker signe Une journée d’Andrei Arsenevitch; et juste après le succès de Vénus Beauté Institut, Tonie Marshall a concocté un film télévision, Tontaine et Tonton, avec Emmanuelle Devos. Le Pique-nique de Lulu Kreutz, de Didier Martiny, réunit du beau monde: la scénariste star Yasmina Reza (Art) y fait place à Niels Arestrup, Philippe Noiret, Carole Bouquet, Stéphane Audran et Michel Aumont. Les Autres Filles, premier long métrage de Caroline Vignal, arrive aussi frais qu’une chanson de Birkin pour parler de virginité à perdre… On a aimé Un soir après la guerre et Les Gens des rizières: on attend La Terre des âmes errantes, de Rithy Panh. Et va-t-on swinguer avec Cuba Feliz, de Karim Dridi, un documentaire musical de type Buena Vista Social Club?

Parlons d’ailleurs…
Des curiosités, il y aurait de quoi en remplir le journal. On s’arrête d’abord sur un documentaire filmé à Toronto pour la télévision, avec Holly Hunter: Harlan County War, de Tony Bill, (entre le Harlan County USA de Kopple et Norma Rae). On ne l’imagnait pas comme ça, mais ce n’est pas un mal: James Joyce a les traits d’Ewan Mc Gregor, dans Nora, de Pat Murphy. Jerzy Stuhr, acteur polonais vu dans Trois couleurs: Blanc et Le Décalogue a filmé Le Grand Animal, un scénario de feu son maître, Kieslowski. Ses lèvres étaient gigantesques sur un panneau cannois et le film semble sympa: Pénélope Cruz débarque en cuisinière brésilienne dans Woman on Top, de Fina Torres. Si Melanie Griffith se moque d’Hollywood dans Cécil B.Demented, c’est la faute de John Waters, qui adore cracher dans la soupe.

Certains attendent (la langue pendante) la belle Gong Li, présente dans nos murs pour Le Silence brisé, de Sun Zhou (aussi acteur dans L’Empereur et l’Assassin). Ce film sur une mère et son enfant sourd a été salué à Berlin. Également présent, l’acteur Om Puri, pourra se revoir à la belle étoile dans une projection extérieure de East Is East. Dans la prolifération de films allemands, retenons Les Légendes de Rita, de Volker Schlöndorff. Le réalisateur du Tambour revient à ses anciennes amours, un récit qui tourne autour du terrorisme et de la Stasi. Enfin, le Manoel de Oliveira primeur est là: Parole et Utopie met en scène Luis Miguel Cintra et Michel Piccoli.
Bon marathon de cinéma.