Maid in Manhattan : Service au chambre
Cinéma

Maid in Manhattan : Service au chambre

Notre propension à aimer les bluettes est si persistante qu’il y a là quelque chose d’émouvant. Émotion inoxydable, toujours pure après un siècle de cinéma: on veut de la romance. Même la plus incroyable que vous ayez en magasin. Cendrillon? Pas de problème. Donc, une fois de plus, débarque dans un hôtel chic un prince, politicien progressiste (Ralph Fiennes, qui ne sera jamais aussi sexy que dans The English Patient) qui tombe amoureux d’une femme en manteau Dolce & Gabana en une seconde. Il croit fondre pour une princesse. Mais il s’agit en fait de Jennifer Lopez, Latino habitant le Bronx, et femme de chambre de l’hôtel essayant de joindre les deux bouts entre un fils charmant, un ex lâche et une maman timorée.

Notre propension à aimer les bluettes est si persistante qu’il y a là quelque chose d’émouvant. Émotion inoxydable, toujours pure après un siècle de cinéma: on veut de la romance. Même la plus incroyable que vous ayez en magasin. Cendrillon? Pas de problème. Donc, une fois de plus, débarque dans un hôtel chic un prince, politicien progressiste (Ralph Fiennes, qui ne sera jamais aussi sexy que dans The English Patient) qui tombe amoureux d’une femme en manteau Dolce & Gabana en une seconde. Il croit fondre pour une princesse. Mais il s’agit en fait de Jennifer Lopez, Latino habitant le Bronx, et femme de chambre de l’hôtel essayant de joindre les deux bouts entre un fils charmant, un ex lâche et une maman timorée. Quand la vérité éclatera dans les larmes, lui tournera-t-il le dos? Non, il l’aimera toujours. Ils auront même peut-être des enfants. Dans la vraie vie – celle du Vanity Fair –, le politicien new-yorkais de bonne famille saute peut-être le petit personnel, mais choisit généralement comme compagne la pétasse blonde (Natasha Richardson); celle qui fait justement des misères au petit personnel. Dans les films, c’est tout le contraire. Et c’est comme ça depuis toujours, dans tous les Pretty Woman de la terre.

Wayne Wang, qui fut un jour quelqu’un de prometteur (l’excellent Smoke, puis Blue in The Face, puis l’ennuyeux Chinese Box et le difficile Center of The World), vient donc de gagner ses galons pure guimauve. Il a rassemblé tous les ingrédients: le couple de stars, New York, les différences socioculturelles apparemment infranchissables, les personnages secondaires qui ont droit aux meilleurs dialogues (parfait Stanley Tucci, agaçante Natasha Richardson), un petit garçon pour faire le pont, les bonnes copines, l’amour déclaré puis contrarié, la fille qui marche dans la rue avec de la musique, les yeux vagues dans le métro, et le baiser final. Comme c’est Cendrillon, on a droit à une scène de bal en sus. La totale. Une bizarrerie, cependant: Bob Hoskins, complètement paumé.

On s’aperçoit aussi qu’on aime bien J-Lo. Elle a un talent d’interprète limité, son parfum sent le diable; et côté mecs, elle n’a pas un goût divin, mais elle est mignonne quand même. Probablement à cause de ses bras dodus et de ses fesses marque de commerce qui font changement des cure-dents rachitiques hollywoodiens.

En final, notons les points forts de ce Maid in Manhattan: un chien gris sympa, un très beau costume pour monsieur, et ce trois-quarts pur cachemire blanc cassé pour madame.

Voir calendrier
Cinéma exclusivités