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Cinéma

Katryn’s Place : À la carte

La vie de Katryn n’est pas simple. Elle doit veiller sur le boui-boui en piteux état du conjoint, qu’elle transformera en "Katryn’s Place", ainsi que sur un chien qui ne cesse de s’échapper. Tout un menu à l’ordre du jour. Et il faut sérieusement tendre l’oreille, décortiquer un anglais haché, pour s’habituer à la diction fortement accentuée de Pascale Montpetit, elle qui donne vie à cette paumée de Katryn, fille d’immigrante polonaise au mari décédé récemment. La réalisatrice B. (Bénédicte) de Burgh s’aventure presque dans les bas-fonds, présentant une femme désemparée, ni sotte ni franchement allumée, mais qui a la fâcheuse habitude de voir les événements lui glisser entre les doigts sans qu’elle puisse rien saisir de concret.

La vie de Katryn n’est pas simple. Elle doit veiller sur le boui-boui en piteux état du conjoint, qu’elle transformera en "Katryn’s Place", ainsi que sur un chien qui ne cesse de s’échapper. Tout un menu à l’ordre du jour. Et il faut sérieusement tendre l’oreille, décortiquer un anglais haché, pour s’habituer à la diction fortement accentuée de Pascale Montpetit, elle qui donne vie à cette paumée de Katryn, fille d’immigrante polonaise au mari décédé récemment. La réalisatrice B. (Bénédicte) de Burgh s’aventure presque dans les bas-fonds, présentant une femme désemparée, ni sotte ni franchement allumée, mais qui a la fâcheuse habitude de voir les événements lui glisser entre les doigts sans qu’elle puisse rien saisir de concret. Voilà qu’elle prend un amant dans le voisinage, Dave (Eric Goulem), un traîne-savates désolant et marié de surcroît, source de tensions inutiles. Et puis il y a ce satané chien qu’elle prénomme sans affection "Chien", animal retrouvant la piste d’anciennes connaissances du mari de Katryn, éclaircissant les coins sombres d’un homme qu’elle pensait sans tache.

Bien se caler dans le film prend du temps. C’est laborieux et on perd presque l’intérêt, mais si on est patient, le récit respire de mieux en mieux jusqu’à la fin. Le personnage de Katryn s’étoffe, et on a du plaisir à voir Montpetit, tête baissée dans une composition pure, bénéficier d’autant de liberté. On sent également une palpable connivence actrice/réalisatrice. Au bout du compte, on aurait souhaité des scènes plus marquantes, plus soutenues, qui fouillent en profondeur. On a aussi l’intime conviction que le scénario de James Galwey aurait pu, sans exagération, se payer une réécriture supplémentaire, ce qui aurait permis de peaufiner le premier acte et d’ajouter ce zeste de vitalité qui manque. Comme tous ces moments où le chien force Katryn à regarder une facette de son passé: l’artifice est fort bien orchestré, mais la révélation s’avère décevante. Ah bon, c’est tout! On aurait voulu un choc, un gros coup de massue. Mais laissons venir. De Burgh n’en est qu’à son premier long métrage. Katryn’s Place, il faut le rappeler, une modeste production de Cinéma libre, peut se targuer d’être à l’affiche dans un réseau adéquat de diffusion. C’est déjà un exploit.

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