

Festival de Toronto : Délices de la Ville-reine
Le FFM terminé, le Festival de Toronto accueille maintenant une avalanche de films primés et très attendus ainsi qu’une pluie de stars. Une programmation à en perdre la raison.
Manon Dumais
La 29e édition du Festival de Toronto débutera avec Being Julia, la fresque costumée que l’on dit sexy et revancharde d’Istvan Szabo (Sunshine), d’après le roman Theatre de W. Somerset Maugham. Dans les années 1930, une vedette de théâtre s’éprend d’un jeune Américain arriviste qui en pince pour une starlette; avec Annette Bening et Jeremy Irons. Aussi somptueux mais sur une note plus dramatique, Head in the Clouds de John Duigan, avec Charlize Theron et Penélope Cruz, met le cap sur la Ville-reine après avoir été présenté au FFM, à l’instar de Non te muovere, drame prenant de Sergio Castellitto, et Les Choristes, premier film fort charmant de Christophe Barratier.
Au programme, l’on retrouvera quelques coups de cœur de Cannes, tels House of the Flying Daggers de Yang Zhimou, encore plus spectaculaire dans sa forme, mais plus faible dans le fond – le récit se réduisant à un banal triangle amoureux – que le récent Hero; l’électrisant Old Boy de Park Chan-wook, suite de Sympathy for Mister Vengeance; aussi, le très beau et troublant film de Lucrecia Martel, The Holly Girl, qui raconte l’éveil sexuel d’une adolescente au contact d’un médecin pédophile.

Se retrouvent également l’incontournable film d’Almodovar, dont l’intrigue rappelle celle des Feluettes de Michel Marc Bouchard, La Mala Educacion, avec Gael Garcia Bernal, aussi en vedette dans Diaros de Motocicletta de Walter Salles, Notre musique de Jean-Luc Godard et Brodeuses d’Éléonore Faucher avec Ariane Ascaride, actrice fétiche de Robert Guédiguian, dont on attend Mon père est ingénieur. Nick Nolte et Maggie Cheung, Prix de la meilleure actrice à Cannes, seront de la partie pour présenter Clean d’Olivier Assayas.
Parmi les œuvres qui suscitent notre curiosité, mentionnons 3-Iron de Kim Ki-Duk (Printemps, été, automne, hiver et printemps); Eros, signé par un surprenant trio: Wong Kar-wai, Steven Soderbergh et Michelangelo Antonioni; The World de Jian Zhang-ke (Platform); Land of Plenty de Wim Wenders et The Ninth Day de Volker Schlöndorff (Le Tambour). Que nous réserve la romancière Catherine Breillat avec Anatomie de l’enfer? Le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul partagera-t-il une fois de plus le public avec Tropical Malady?
D’autres réalisateurs se font attendre avec impatience, dont François Ozon qui propose 5 x 2, où l’on suit à rebours cinq grands moments dans la vie d’un couple (Valeria Bruni-Tedeschi et Stéphane Freiss), Todd Solondz (Palindromes), Danny Boyle (Millions), Amos Gitai (Promised Land), Alejandro Amenabar (The Sea Inside) et Alexander Payne (Sideways). Côté courts, se démarquent Accordéon de Michèle Cournoyer, Corps étrangers de Simon Lavoie et Elephant Shoe de Christopher Behnisch, de même que deux films de Guy Maddin (The Saddest Music in the World): Sissy Boy Slap Party et Sombra Dolorosa.
Du côté des documentaires, signalons Going Upriver: The Long War of John Kerry de George T. Buttler, film bien de circonstance s’il en est un, Lightning in a Bottle d’Antoine Fuqua (Training Day), Shake Hand with the Devil: The Journey of Roméo Dallaire de Peter Raymont et Z Channel: A Magnificent Obsession de Xan Cassavetes, fille de John. L’animation sera représentée par Ghost in the Shell 2: Innocence de Mamoru Oshii et Shark Tale de Vicky Jenson, Bibo Bergeron et Rob Letterman. Pour une note plus insolite, on ira voir Kontroll de Nimrod Antal, The Raspberry Reich de Bruce LaBruce, Saw de James Wan et Zebraman de Takeshi Miike, cinéaste très prisé à Fantasia.
Le Canada sera quant à lui représenté par CQ2 de Carole Laure, Littoral de Wajdi Mouawad, le drame fantastique La Peau blanche, premier long métrage réussi de Daniel Roby sorti au printemps, Seven Times Lucky, sympathique film noir du montréalais Gary Yates avec Kevin Pollack et Liane Balaban, présenté au FFM, et Acapulco Gold d’André Forcier. John L’Écuyer a adapté Le Goût des jeunes filles de Dany Laferrière, souhaitons-le avec plus de succès que le sympathique romancier pour Comment conquérir l’Amérique en une nuit… Également, le wonder boy de Toronto Don McKellar signe Childstar, avec Jennifer Jason Leigh. Notons qu’une rétrospective sera consacrée au grand réalisateur Pierre Perrault.
Enfin, le Festival se terminera sur une note humoristique avec Jimmy Glick in Lalawood de Vadim Jean, mettant en vedette Martin Short qui personnifie un animateur de talk-show plus prompt à raconter tout ce qui lui passe par la tête qu’à écouter les confidences de ses illustres invités.
À suivre du 9 au 18 septembre.