Blood : À ma sour
Cinéma

Blood : À ma sour

Blood, film tourné en sept jours à l’aide d’une caméra numérique, raconte la relation peu commune entre une jeune prostituée toxicomane et son frère.

Peu après le décès de sa sœur en 1995, le dramaturge Tom Walmsley écrit une courte pièce intitulée Maxine, qui sera adaptée en spectacle de danse. Devant le succès de la chorégraphe Julia Sasso, Walmsley décide d’explorer davantage la relation complexe entre sa sœur et lui. Le résultat s’appelle Blood, une pièce à deux personnages dont l’humour noir désamorce le sordide qui s’en dégage. L’adaptation qu’en fait le réalisateur de Toronto Jerry Ciccoriti (Paris, France) s’avère fidèle à l’œuvre originale, à l’exception de l’âge des protagonistes, volontairement rajeunis.

Prostituée toxicomane en manque d’argent, Noelle (Emily Hampshire, qui a joué dans Boy Meets Girl de Ciccoriti) voit ses plans gâchés lorsque ses partenaires de travail la laissent tomber et qu’elle reçoit la visite de son frère Chris (Jacob Tierney, réalisateur de Twist). Contre toute attente, elle lui demandera de se prostituer avec elle; s’ensuit une longue conversation à bâtons rompus entre la jeune femme et son frangin qui se livreront à des jeux sexuels.

Porté par deux comédiens fort talentueux, Blood captive autant qu’il agace. D’une part, la relation tordue qui s’y développe ne cesse de nous surprendre; d’autre part, l’utilisation abusive de split-screens frise l’hystérie. C’est bien beau de vouloir éviter l’effet théâtre filmé, mais pourquoi ne pas miser sur le jeu fébrile des acteurs plutôt que sur un procédé cinématographique qui n’apporte pas grand-chose à l’atmosphère de ce huis clos déjà étouffant?

Voir calendrier Cinéma