Broadway : The Golden Age : Une époque formidable
Cinéma

Broadway : The Golden Age : Une époque formidable

Broadway : The Golden Age de Rick McKay, un documentaire à valeur d’archives sur la grande époque du théâtre américain.

Sous le titre de ce documentaire, il est écrit: "By the legends who were there"; c’est peu dire. Le réalisateur Rick McKay a interviewé plus d’une centaine d’acteurs, de compositeurs et d’auteurs de théâtre sur une période de cinq ans. McKay, lui-même danseur et chanteur de formation, a choisi comme point de départ une question simple: y a t-il vraiment eu un âge d’or à Broadway? Après avoir passé au travers de la montagne de témoignages que constitue le film, il n’y a plus aucun doute là-dessus. Il fut un temps où New York vibrait sous les marquises lumineuses; un temps où aller au théâtre était aussi naturel que de prendre un café… et surtout, un temps où un billet coûtait un peu plus d’un dollar.

Des années 1930 aux années 1960, le film retrace cette époque effervescente que racontent avec mélancolie de grands acteurs tels Ben Gazzara, Gena Rowlands, Angela Lansbury, Julie Harris, Charles Durning, Hume Cronyn, Shirley MacLaine, Martin Landau, Gwen Verdon,… Ils se livrent sans retenue, heureux que quelqu’un s’intéresse enfin à cette période jusqu’à présent peu documentée sur pellicule. Arrivés dans la Grosse Pomme, pour la plupart jeunes et sans un sou, certains racontent comment ils parvenaient à ne pas payer leur place au théâtre en arrivant au deuxième acte. Carol Burnett explique qu’avec ses trois colocataires, elle n’achetait qu’une seule "robe d’audition" qu’elles devaient se partager. Et toute cette joyeuse bande se retrouvait la nuit dans des "drugstores", où Shirley MacLaine, munie d’un citron, confectionnait sa propre limonade. C’était aussi l’époque du grand Tennessee Williams, de l’Actor’s Studio et de tout ce qui constitua les bases du renouveau du cinéma américain.

Le film, bien qu’il soit passionnant, a le défaut de ses qualités. La richesse de ses témoignages lui confère du même coup un style "têtes parlantes" qui le relègue plus dans le rang des documentaires télévisuels que cinématographiques. Il est vrai, nous y découvrons quelques vieilles images d’archives et quelques rares trouvailles (comme une bande audio de A Streetcar Named Desire avec Marlon Brando et Jessica Tandy ou encore des images de la première version de West Side Story en 1957), mais le tout est monté de façon plutôt banale. Cela n’enlève cependant rien à la grande valeur des renseignements qu’il contient. Plusieurs des intervenants sont aujourd’hui très âgés, quelques uns nous ont même déjà quittés depuis leur apparition dans le film, ce qui ne fait qu’ajouter à l’impression qu’il s’agit là d’une œuvre très précieuse. Il reste qu’on peut quand même reprocher à Broadway: The Golden Age de ne pas faire de mise en contexte historique et de rester somme toute assez anecdotique. En ce sens, il apportera sans doute plus de plaisir aux initiés.

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