Cinémania : Take 10
Cinéma

Cinémania : Take 10

Cinémania se termine dans quelques jours. Voyons ce que nous réserve ce petit festival pas comme les autres.

Afin de souligner son dixième anniversaire, Cinémania accueille le comédien, agent d’artistes et directeur de casting Dominique Besnéard, qui animera un bar-cinéma le jeudi 11 novembre, à 18 h, au restaurant Leblanc (3435, boulevard Saint-Laurent). Vous pourriez y apprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le cinéma sans avoir jamais osé le demander…

Dans la catégorie "Premier long métrage", 25 degrés en hiver de Stéphane Vuillet est un road movie romantique mettant en vedette Jacques Gamblin dans la peau d’un père de famille monoparentale qui doit venir en aide à une jeune Ukrainienne faisant partie d’un groupe d’immigrants illégaux (Ingeborga Dapkunaite). Avec Carmen Maura, craquante en mère envahissante et un tantinet hystérique. Un sujet grave traité avec légèreté. Dans La Petite Prairie aux bouleaux de Marceline Loridan-Ivens, Anouk Aimée incarne une survivante d’un camp de concentration qui retourne à Birkenau afin de confronter les fantômes de son passé; elle y fera la rencontre d’un photographe allemand et petit-fils d’un soldat nazi (August Diehl). Autobiographique, mais pudique. Aussi, dans Une vie à t’attendre de Thierry Klifa, Patrick Bruel interprète un propriétaire de bistro qui retrouve son premier amour (Nathalie Baye) peu avant de s’installer avec sa petite amie.

Benoît Cohen reprend sensiblement le même canevas dans Nos enfants chéris où l’on retrouve Mathieu Demy et Romane Bohringer dans la peau d’anciens amoureux, tous deux mariés et parents de jeunes enfants, qui se rencontrent par hasard au supermarché. Dans la lignée de La Vérité, si je mens!, Mariage mixte d’Alexandre Arcady met en scène Gérard Darmon en père juif séfarade qui voit d’un mauvais œil que sa fille (Olivia Bonamy) épouse un Français catholique issu d’une famille noble.

Les rôles de tordus vont à merveille à Bernard Giraudeau comme le prouve Je suis un assassin de Thomas Vincent (Karnaval), où il campe un écrivain en panne d’inspiration qui engage un auteur en manque d’éditeur (François Cluzet) pour éliminer sa femme (Anne Brochet) qui lui bouffe la moitié de ses revenus. Acteurs inspirés, dont Karin Viard dans le rôle de l’épouse de l’assassin, réalisation nerveuse et suspense captivant. Adapté du roman de Donald E. Westlake (The Grifters).

Décidément, les pannes de désir chez la femme semblent préoccuper plus que jamais les réalisateurs français. Où est donc Janette Bertrand quand on a besoin d’elle? Alors que Cinémania débutait avec les problèmes sexuels d’une jeune femme (Tout le plaisir est pour moi), Pour le plaisir de Dominique Deruddere met en scène une femme (Nadia Farès) qui n’arrive à atteindre l’orgasme que lorsqu’elle croit faire l’amour avec un meurtrier. Son mari (Samuel Le Bihan) se fera tout bonnement conseiller par son médecin (François Berléand) de passer à l’acte afin de pallier ce problème…

Pour couronner le tout, Cinémania offre en guise de film de clôture la première réalisation en solo de Didier Bourdon, anciennement du groupe Les Inconnus avec Bernard Campan et Pascal Légitimus (Les Trois Frères), 7 ans de mariage: "Ce qui me plaisait, c’était de présenter monsieur et madame Tout-le-monde, raconte le réalisateur, de retour du Festival de l’Abitibi-Témiscamingue où l’on présentait son film à la soirée d’ouverture. Sacha Guitry disait que le fantasme de l’homme s’arrête où celui de la femme commence; je crois que l’homme est dans l’action rapide alors que la femme est davantage dans l’imaginaire, donc le temps que la femme finisse son parcours, l’homme a déjà terminé. Mon personnage est un peu macho, il ne voit que par le bout de sa lorgnette. Heureusement, il aime sa femme, c’est pour cela qu’il tient à mettre du piment dans sa vie de couple plutôt que de prendre maîtresse. Au fond, je suis un romantique… C’était donc important qu’à la fin du film, il y ait encore du sentiment amoureux. En fait, la question qui résumerait le film est: Pourquoi quelqu’un qu’on a désiré ne nous attire plus, que le désir s’effrite, que nous avons envie d’aller voir ailleurs?" Légère comédie de mœurs, 7 ans de mariage raconte les tribulations d’un urgentologue (Bourdon) qui tente de ranimer la libido perdue de son épouse (amusante Catherine Frot) en l’amenant dans les sex-shops et les clubs échangistes. Plus ludique que lubrique, plus élégant que grivois. Jusqu’au 14 novembre, au Musée des beaux-arts de Montréal. www.cinemaniafilmfestival.com.

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