

Maléfice : Loupé
Avec Maléfice, Wes Craven et Kevin Williamson, respectivement réalisateur et scénariste de la trilogie Scream, persistent et signent dans l’horreur. Mais la conviction n’y est plus.
Martin Girard
Pourtant, la recette, elle, demeure à peu près inchangée. Comme dans les trois Scream, qui pastichaient efficacement les films de tueurs en série masqués à la Halloween et Friday the 13th, Maléfice se veut une version branchée et vaguement parodique des vieilles histoires de loups-garous. L’action se déroule encore une fois dans les coulisses du monde des médias et du spectacle hollywoodien, univers propice aux clins d’œil et aux références à la culture populaire.
Comme dans Scream, les auteurs s’amusent à trousser des scènes d’épouvante qui jouent à la fois la carte de l’horreur et de l’ironie. Tout cela sur fond de "who done it?" dans lequel les héros, une journaliste et son jeune frère (très correctes Christina Ricci et Jesse Eisenberg), cherchent parmi leur entourage qui peut bien être le lycanthrope les ayant contaminés un soir de pleine lune. Disons que, dans le cas présent, l’identité du coupable ne réserve absolument aucune surprise.
Honnêtement, tout cela commence à sentir trop la recette. Quand un réalisateur aussi chevronné que Wes Craven, à qui l’on doit des classiques de l’horreur comme Last House on the Left ou Nightmare on Elm Street, en est réduit à répéter ad nauseam des effets de terreur aussi usés que la main sur l’épaule qui fait sursauter l’héroïne, on se dit que le cinéaste a peut-être épuisé ses munitions et qu’il devrait songer à explorer d’autres genres. Les rares efforts du tandem Craven-Williamson pour dénicher dans le mythe du loup-garou quelques métaphores sociales ou psychologiques intéressantes viennent se buter à un scénario mal construit et inabouti (par exemple, le filon du jeune sportif homophobe qui s’avère gai ne mène nulle part).
Il faut dire que ce film semble avoir été lui-même sous le coup d’une malédiction dès son premier jour de tournage. En effet, Maléfice a subi plus de transformations dans la salle de montage qu’une meute de loups-garous une nuit de pleine lune. Une première version du film a même été jetée aux poubelles, nécessitant un second tournage de plusieurs semaines. Tous ces efforts pour sauver le film n’ont pas donné grand-chose. À l’évidence, une balle d’argent en plein cœur aurait été plus productive.
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