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Kino Hull : Phénomène K
Cinéma

Kino Hull : Phénomène K

La cellule Kino Hull, qui fonctionne maintenant depuis presque deux ans, présentera son Kabaret FFO lors de la septième édition du Festival du film de l’Outaouais. Belle occasion de découvrir la dynamique relève!

Il y a cinq ans, Christian Laurence de Montréal formait la première organisation Kino (du grec kinêsis, "mouvement"), qui consiste en un regroupement de réalisateurs qui présentent des soirées de courts métrages de façon régulière, d’abord entre eux et ensuite à un public de plus en plus large. Le concept a fait boule de neige et on compte maintenant plusieurs cellules de Kino à travers le monde, de l’Île-du-Prince-Édouard à Bruxelles, de Thetford Mines à Matane. Sans compter une présence de plus en plus marquée pour cette forme d’art, que l’on trouve maintenant partout au Québec dans différents festivals et organisations.

CÔTÉ COURT

En 2003, le jeune animateur de radio Tristan Arnaud, le journaliste Dieudonné Lukoji et Sébastien Gagnon, tous passionnés du septième art, décidèrent de prendre les devants et fondèrent leur propre cellule dans la région. "Kino Hull est une des cellules les plus récentes. On en a formé en Europe un peu avant nous. On a été un peu en retard sur la deuxième vague de Kino", note le charismatique Tristan Arnaud. Le jeune kinoïte est donc allé dans la grande métropole rencontrer Christian, qui lui a donné le feu vert sans contrainte aucune.

Le trio s’est lentement dissous, mais Tristan est toujours à la tête de la cellule et Nicholas Palmer s’est greffé à lui comme fidèle complice. "Dans le fond, c’est une gang d’intellos qui ont parti ça dans le Vieux-Hull; c’est des gens qui parlent beaucoup, mais qui passent à l’action quand c’est le temps et qui sont dynamiques dans leurs festivités!" remarque Nicholas Palmer, pince-sans-rire, qui dit s’être réfugié pour la première fois dans une soirée Kino à la suite d’une peine d’amour. "J’ai été un de ceux qui ont le plus ri!"

Le 27 avril 2003, on présentait la première soirée de Kino, qui remporta un succès instantané et, depuis, le phénomène fait de plus en plus d’adeptes.

Le mot d’ordre de l’équipe? La démocratie! "On garde une certaine démocratie, dans le sens qu’on accepte tous les films, n’importe qui peut présenter sa création. Les gens sont très ouverts, on ne voulait pas former une clique." La seule contrainte imposée? La durée du film doit être inférieure à 15 minutes et il doit avoir été réalisé dans le dernier mois. Ainsi, tous les derniers dimanches du mois, on présentait des soirées Kino au Café Le Troquet, pour récemment changer de domicile pour le Cosmo, par manque d’espace pour accommoder les spectateurs.

"Le mouvement Kino va de pair avec la révolution du numérique, grâce à son accessibilité, sa flexibilité. Tout le monde peut réaliser des films, il suffit d’avoir une caméra numérique et un ordinateur ainsi que quelques logiciels, et le tour est joué! Même qu’on peut faire des effets spéciaux maintenant. C’est assez formidable", note Tristan, attablé avec son complice au Troquet, se coupant l’un l’autre la parole à tour de rôle. "Ce qu’il y a d’exceptionnel avec Kino, c’est l’espèce de trinité dans le processus cinématographique: il y a d’abord la réalisation, puis la projection et la réception du public. Ça vise une réflexion visuelle d’un groupe en particulier qui donne un feed-back direct, que le réalisateur reçoit. Ça, c’est Kino et c’est formidable. Les gens applaudissent à la fin des projections parce qu’ils ont des gens à applaudir, contrairement aux salles de cinéma", constate Nicholas. Et Tristan ajoute: "C’est pour cette raison que Kino constitue jusqu’à un certain point une école. Tu apprends beaucoup, tu travailles avec le matériel, tu peux te permettre d’essayer n’importe quoi!"

Les deux kinoïtes se complètent à merveille, il n’y a pas à dire. "Kino Hull, c’est vraiment un jeu entre deux têtes fortes: Tristan est plus passif; moi, je suis actif et j’ai besoin que ce soit plus solide, et lui l’est moins…" Dans l’organisation des soirées, Tristan est à la barre de l’animation, alors que Nicholas s’occupe de la technique. "Je suis la roche avec émotions du Kino, alors que Tristan, c’est le visage, le masque du Kino."

La formule du Kabaret est aussi très importante pour Kino Hull. Elle a lieu généralement dans des festivals. Pour le FFO, environ 20 réalisateurs d’ici et d’ailleurs vont créer des courts métrages qui seront projetés lors de trois soirées de projection. Les réalisateurs ont donc trois jours pour préparer leur film et disposent de différentes ressources humaines – des personnes qui voudront bien se prêter au jeu – et de ressources techniques – logées dans un local au-dessus du Troquet. La "kino-kabane" est remplie d’ordinateurs pour le montage, la prise de son, etc., et de causeuses pour les oiseaux de nuit. "Le Kabaret réunit généralement les gens les plus passionnants parce que ce sont eux qui vont donner du temps alors qu’ils n’en ont pas, donc ça donne des résultats toujours incroyables. L’année dernière, tous les films qu’on a présentés étaient bons!", note Tristan.

La durée des rondes a été élargie cette année puisque les réalisateurs ne disposaient que de deux jours l’an dernier. Les soirées ont lieu dans le Vieux-Hull: au Cosmo le 20 mars, au Café Le Troquet le 23 mars et au Petit Chicago le 26 mars. Une contribution volontaire de 5 $ est suggérée. Pour ceux qui aimeraient avoir plus d’information: [email protected].

Les 20, 23 et 26 mars à 20 h
À différents endroits

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CÔTÉ JARDIN

Il a été encensé par le directeur du FFO et nommé comme l’un des meilleurs cinéastes de la région. Dimitri Gagnon-Morris n’aurait rien à envier aux grands réalisateurs de court métrages de l’ONF tant son talent est grand, selon M. Farré. Ce professionnel de l’animation traditionnelle (2D) avait impressionné le directeur lors de la présentation de ses films l’an dernier lors du Kabaret. C’est pour cette raison qu’il a fait appel à lui pour la bande-annonce du Festival, fort réussie, calquée sur la musique tsigane du groupe de la région MoucheTaBouche. "Je travaille avec la musique et c’est elle qui donne du mouvement, du rythme à mes dessins. Elle me sert à faire des images dynamiques", remarque le cinéaste aylmerois qui a étudié à Vancouver en animation. "Mon style se définit par mon impatience. Je veux montrer une image le plus vite possible, alors mon dessin est lousse, spontané. Souvent, je ne prends pas le temps d’effacer les lignes superflues. La première esquisse est souvent plus efficace pour transmettre ce que je veux dire", décrit Dimitri, qui participe à Kino lorsque le temps le lui permet.

Dimitri Gagnon-Morris prévoit participer à la première ronde du Kabaret FFO. C’est donc un talent à surveiller! En attendant, vous pouvez visionner la bande-annonce au www.offestival.com.

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