L'Île aux fleurs : La dimension humaine de l'aide internationale
Cinéma

L’Île aux fleurs : La dimension humaine de l’aide internationale

Dans un style proche du cinéma direct, L’île aux Fleurs nous présente deux coopérants québécois qui ont un point de vue plutôt contestataire sur l’aide internationale.

Réalisé par Katerine Giguère, fille des documentaristes québécois Sylvie Van Brabant et Serge Giguère, ce moyen métrage documentaire suit le périple de Louise Pineault et François Pellerin, qui se sont rendus sur l’île de Flores, en Indonésie, afin de travailler auprès des habitants du village de Lekolodo. Louise a voulu aider les femmes à reprendre la culture des plantes médicinales, abandonnée suite à une sécheresse. François, quant à lui, a invité les hommes à développer l’écotourisme dans la région en créant un circuit de trekking dans la montagne.

Ce premier film de la jeune réalisatrice s’articule principalement sur deux axes. Dans un premier temps, nous suivons le couple de Québécois dans leur périple indonésien. Nous les voyons sur place, communiquant avec les villageois, parfois avec difficulté, et mettant en marche les projets. Dans la deuxième partie, qui se déroule dix-huit mois après la fin du séjour des deux Québécois, la réalisatrice retourne seule à Lekolodo afin d’évaluer le développement des deux projets. Elle constate alors que le jardin est maintenant bien garni de plantes et de légumes variés, que le circuit de trekking a reçu ses premiers visiteurs et que les villageois sont immensément reconnaissants du travail effectué par Louise et François.

Dans ses aspects les plus réussis, le film, proche du cinéma direct, est un portrait touchant des liens qui se sont tissés entre des individus de cultures et de mondes différents mais qui, fondamentalement, sont liés par un même amour de la terre et de l’autre. Il propose aussi une sorte d’alternative à "hauteur d’homme" de la coopération en permettant de penser différemment l’aide internationale, offerte ici en marge des ONG que l’on écorche allègrement au passage.

Paradoxalement, ce recours à la parole est aussi le point faible du film. En effet, la réalisatrice passe ici beaucoup de temps à filmer les gens en train de dire ce qui a été fait, plutôt que de montrer les actions, notamment celles des deux coopérants québécois, qu’on aurait aussi aimé connaître davantage. L’île aux Fleurs demeure néanmoins un film intéressant parce qu’il révèle une belle sensibilité de la part de la réalisatrice et une affection évidente pour les gens qu’elle filme.

Voir calendrier Cinéma