Annapolis : Aux armes, etc.
Cinéma

Annapolis : Aux armes, etc.

Annapolis, de Justin Lin, est un exercice de propagande soft déguisé en récit initiatique. Quantité parfaitement négligeable.

Lorsque ça va mal au front, Hollywood sort ses gros canons… Le vieil adage aurait-il perdu en pertinence? Alors que sa guerre en Irak gagne chaque jour de nouveaux détracteurs au sein de la populace, on se dit que George W. Bush mériterait plus que jamais l’aide des faiseurs d’images professionnels. Or ceux-ci, fort ingrats, se sont plutôt employés, récemment, à critiquer la politique étrangère américaine de manière assez sentie (voir Syriana, Jarhead et autres Lord of War…). Révolue, alors, l’époque glorieuse des Rambo de tout acabit, ces personnages valeureux exaltant la ferveur patriotique états-unienne? Allez savoir. Une chose est sûre, les héros ont la "falle" basse par les temps qui courent et il faudra davantage que des démonstrations cinématographiques du genre d’Annapolis pour remonter le moral des troupes.

Garçon issu du milieu ouvrier, Jake Huard (James Franco, flat) travaille comme soudeur, mais rêve d’entrer à la prestigieuse académie navale d’Annapolis. Lorsque sa candidature est retenue, il fonce. De nature individualiste, Jake a du mal à se conformer aux ordres et, rapidement, il se frotte à un supérieur, Cole (Tyrese Gibson, solide), qui traite les jeunes recrues comme de la merde – pour leur BIEN, évidemment… Enfin, Huard s’accroche et trouve, dans un tournoi de boxe organisé pour les académiciens, la motivation nécessaire à endurer ses difficiles épreuves.

Exercice de propagande à trois balles, ce drame de Justin Lin (Better Luck Tomorrow) nous ouvre les portes de la plus importante manufacture à marines qui soit, une institution sélecte censée former l’élite du pays. On y a surtout vu une espèce de collège de troisième zone où sont admises diverses tronches qui n’auraient pas déparé American Pie – attendez, une source bien informée nous indique, sous toute réserve, que l’un de ces nerds serait de la distribution des DEUX films…

Dans la peau du héros qui se cherche, James Franco démontre rapidement ses limites. Aussi émouvant qu’un pied de céleri, notre garçon manque de colonne pour porter un film à lui seul. Il faut dire, à sa décharge, que le scénario d’Annapolis constitue un bien piètre appel aux armes. Prémisses boiteuses, construction prévisible, émotion artificielle suscitée par une bande-son envahissante… À ce compte-là, aussi bien dire à "Dubya" que, pour l’heure, il n’a pas grand renfort à attendre d’Hollywood.


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