

Nounou McPhee : Les petits monstres
Dans Nounou McPhee, de Kirk Jones, Emma Thompson porte avec bonheur les chapeaux de scénariste et de gouvernante pour enfants turbulents.
Manon Dumais
Veuf et père de sept petites pestes, dont le passe-temps favori est de chasser leur gouvernante, Cedric Brown (Colin Firth, très à l’aise) se voit contraint par sa tante (Angela Lansbury, hilarante), qui menace de lui enlever ses enfants, de prendre épouse. Un soir, il reçoit la visite inattendue de Nounou McPhee (Emma Thompson, irrésistible), étrange et hideuse gouvernante dotée de pouvoirs magiques. Terrorisés par leur nouvelle gouvernante, Simon (Thomas Sangster, mignon et talentueux gamin vu dans Love Actually) et ses six cadets devront pourtant s’allier à elle afin d’empêcher leur père de se remarier avec une horrible veuve (Celia Imrie, hystérique à souhait).
Dix ans après avoir remporté l’Oscar du meilleur scénario pour Sense and Sensibility, l’actrice Emma Thompson signe cette fois l’adaptation d’un roman pour enfants de Christianna Brand, Nurse Matilda, qui devient sous la direction de Kirk Jones l’irrésistible Nounou McPhee. Une association gagnante sur toute la ligne qui rappelle que rares sont les films pour enfants qui réussissent à réellement ravir petits et grands. Trop souvent, ils cèdent à la mièvrerie – quand ils ne prennent pas carrément les petits pour des imbéciles – ou alors ils croulent sous 1001 références destinées au public adulte, lesquelles soulignent parfois la médiocrité du scénario.
Or, chez Douglas et Thompson, tout le monde est servi sur le même pied d’égalité. Véritable tourbillon de fantaisie et de magie, Nounou McPhee s’avère un divertissement familial de premier choix grâce à sa mise en scène énergique, son scénario bien ficelé et sa bonne humeur contagieuse. Ceux qui ont grandi en compagnie de Mary Poppins et de Fraülein Maria seront à coup sûr séduits par la personnalité attachante de l’intrigante nounou, l’humour très british de l’ensemble et les bouilles impayables de la ribambelle Brown – n’y manquent que les chansons. Qui plus est, ils craqueront, à l’instar du jeune public, pour cet univers victorien "kitschisé" à l’aide de vibrantes couleurs saturées qui donnent au film des allures de conte de fées sous acide. Assistons-nous à la naissance d’une nouvelle franchise? Pour une fois, on ne s’en plaindra pas!
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