How to Eat Fried Worms : Vers solitaires
Cinéma

How to Eat Fried Worms : Vers solitaires

How to Eat Fried Worms, de Bob Dolman, est l’adaptation un peu fadasse d’un best-seller aimé des tout-petits. Pas de quoi faire un plat.

Pauvre p’tit Billy. Sa famille s’étant établie dans un autre patelin, le garçon se voit obliger de fréquenter une nouvelle école. La rentrée est difficile. Un comité de réception organisé par le méchant Joe, rouquin fanfaron, repère rapidement le new kid on the block. Billy tient tête aux attaques et va même jusqu’à provoquer Joe. Les deux règlent l’affrontement en prenant une gageure: Billy jure d’avaler 10 vers de terre sans dégobiller, faute de quoi il devra traverser l’école avec des lombrics plein son froc. S’il réussit, c’est Joe qui rembourrera son caleçon. Le hic, car hic il y a: Billy est doté d’un estomac fragile. À quelle sauce apprêtera-t-il son en-cas pour qu’il passe sans tracas?

Après le peu-ragoûtant-pour-les-grands (Snakes on a Plane), voici le dégueu-gentil-pour-les-petits. Basé sur le roman à succès de Thomas Rockwell, How to Eat Fried Worms de Bob Dolman (The Banger Sisters) se penche non sans humour sur quelques-uns des maux de l’enfance (difficulté de s’adapter à un environnement nouveau, hostilité des pairs, expérimentation alimentaire…).

Malheureusement, le message cuisiné est un peu trop lisse et a le goût du réchauffé. Le scénario, linéaire, a quand même le mérite de se fendre de deux ou trois blagues longues en bouche, de toute évidence destinées aux adultes. Mais cela ne saurait suffire à réchapper le truc, qui débouche sur une conclusion pétrie des meilleurs sentiments.

Autre bémol: les personnages mis en scène ne sont pas particulièrement attachants. Autour de Billy (Luke Benward) et de Joe (Adam Hicks) gravite une bande de mioches correspondant à la typologie habituelle (le dodu, le bollé, le minoritaire visible, etc.). La seule fille incluse dans le portrait (Hallie Kate Eisenberg) possède un charisme supérieur, mais doit se contenter d’un rôle accessoire.

Quelques séquences d’animation fort rigolotes (dont les deux génériques, étonnants) donnent à penser que le film aurait gagné à se métamorphoser en BD. Mais ça, c’est une autre histoire…

Enfin, les enfants apprécieront-ils le défi gastronomique juteux qui donne son titre au film? Peut-être pas autant que leurs parents. Chaque portion de vers est apprêtée selon une recette différente, et certaines sont presque appétissantes. Il ne manquait que la mouture bio…

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