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Cinéma

Le Guide de la petite vengeance : Le crime était presque parfait

Avec Le Guide de la petite vengeance, Jean-François Pouliot et Ken Scott, l’ineffable duo derrière La Grande Séduction, plongent dans le monde oppressant des relations de travail malsaines.

Autant le dire tout de suite: il ne faut pas s’attendre à revoir La Grande Séduction. Non seulement cela: pour apprécier Le Guide de la petite vengeance, il vaut mieux éradiquer complètement, ne serait-ce que pour deux heures, l’épopée des habitants de Sainte-Marie-La-Mauderne de votre mémoire. Procédez ainsi et vous apprécierez invariablement cette nouvelle oeuvre peuplée de joutes verbales croustillantes, portée par une distribution irréprochable.

Bernard (Marc Béland, excellent) a une ex qui ne l’aime plus (Pascale Bussières, petit rôle, grande performance), une fille qui souffre d’un burn-out à 7 ans et un patron d’une froideur sans nom doublée d’un penchant obsessionnel pour la cruauté (Gabriel Gascon, parfait). Complètement démuni, Bernard subit la tyrannie sans mot dire. Mais le jour où Robert (Michel Muller, comique) l’accoste dans un café, il effectue un 360 brutal. Plus vite qu’il ne faut pour crier "Bye bye boss!", il se met à élaborer un plan pour se venger de son supérieur despotique avec l’aide de son nouvel acolyte, légèrement fêlé.

Au-delà de la performance d’acteurs, bien sûr, la force de ce Guide réside dans les dialogues savoureux, livrés avec ironie et mordant. À l’image des thématiques de désir de châtiment et de répression abordées par l’opus, l’environnement dans lequel nous entraînent le réalisateur Jean-François Pouliot et le scénariste Ken Scott est très sombre. L’humour, quant à lui, verse plutôt dans le cynisme. Seul moment où la noirceur prend le bord: la scène du coup de foudre entre Bussières et Béland au son du sirupeux classique What the World Needs Now is Love de Burt Bacharach. Mais on pardonne aisément ce petit écart romantico-émotif car, il faut bien l’avouer, il parvient à toucher une corde sensible. On regrettera aussi la finale qui, après un démarrage tout en puissance, s’essouffle légèrement pour finir sur une note quelque peu incertaine. Toutefois, quand Marc Béland nous fait du La La La Human Steps dans un labyrinthe de masking tape, on craque totalement. Si la vengeance est un plat qui se mange froid, celle-ci se laisse déguster avec délectation.

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