L'année de Patrice Sauvé
Cinéma

L’année de Patrice Sauvé

Pour Patrice Sauvé, réalisateur de séries telles que La Vie, la vie et Grande Ourse, la dernière année a été sous le signe de Cheech, sa première expérience au cinéma. "Ç’a été une grosse ride de montagnes russes pour moi, admet Sauvé. Il ne faut pas sous-estimer les émotions qui vont avec la sortie d’un film pour un réalisateur, surtout son premier. C’est quelque chose d’exceptionnel dans tous les sens du mot. Pour moi en tout cas, c’est beaucoup plus gros que la sortie d’une série télé, par exemple."

La réaction que suscite un film est toujours subjective, mais la véhémence avec laquelle certains critiques ont descendu Cheech, malgré ses qualités intrinsèques, est difficile à expliquer: "Je n’arrive vraiment pas à comprendre ce qui a pu se passer. Il y a eu une polarisation des médias qui a suivi notre passage à Tout le monde en parle, mais nous, on réagissait à des choses qui étaient arrivées avant, au Festival de Toronto. Je ne sais pas ce qui se passe dans l’alchimie du film qui fait que t’embarques ou pas. Cheech a une tonalité particulière et si t’essaies trop de la cerner au début, je pense que t’es fait pour le restant." Le film de Sauvé, comme beaucoup d’autres cette année, a aussi été victime de l’obsession grandissante pour les résultats au box-office: "Il y a cinq ans, ça aurait été très noble comme sortie, mais pas dans le mouvement actuel du box-office."

Si Cheech n’a été ni le plus vu ni le plus aimé de la cuvée 2006 du cinéma québécois, c’est sans doute le film qui a le plus fait parler. "Tu fais toujours un film pour qu’il existe dans la société et qu’il provoque d’une certaine façon, confie le cinéaste. C’est sûr que ça a pris une tendance plus large… J’espère qu’avec la sortie DVD, le film pourra être jugé par le public sur ce qu’il est lui-même et non pas sur ce qui a pu entourer sa sortie en salle. J’ai fait Cheech dans l’optique qu’il ait une vie à long terme dans l’imaginaire québécois, que dans 10 ans, il passe en fin de soirée à Radio-Canada et qu’il y ait encore 50 000 personnes qui le découvrent."

COUP DE COEUR

Le Mépris de Jean-Luc Godard: "Je ne l’avais jamais vu, je l’ai loué et ça m’a rappelé pourquoi j’aime tant le cinéma."

COUP DE GUEULE

"Mes quelques sorties publiques ont fait que les coups de gueule se sont retournés contre moi, alors je vais me taire!"