City of Men : Le jeune homme de Rio
Cinéma

City of Men : Le jeune homme de Rio

City of Men (Cidade dos Homens), de Paulo Morelli, relate les tribulations de deux ados dans les favelas de Rio.

En 2002, le réalisateur brésilien Fernando Meirelles (The Constant Gardener) signait le percutant chef-d’oeuvre City of God (Cidade de Deus). Jamais on n’avait illustré avec autant de maestria la vie dans les favelas de Rio de Janeiro.

Six ans plus tard, c’est au tour de Paulo Morelli d’offrir une incursion dans ce dur milieu où les enfants vieillissent trop vite ou meurent prématurément. Le hic, c’est que pour pleinement apprécier City of Men (Cidade de Homens), qui est en fait l’adaptation d’une télé-série brésilienne créée par Meirelles et Katia Lund, d’où la désagréable impression de regarder la télé sur grand écran, il faut ne pas avoir vu Cidade de Deus, ou tenter de l’oublier. Le nom de Meirelles apparaissant à titre de producteur dès le générique d’ouverture, la tâche sera pour ainsi dire impossible et Cidade de Homens souffrira cruellement de la comparaison.

Tirant savamment profit des favelas à flanc de montagne, Morelli, qui réalisait la télé-série, signe tout de même un film qui ne pourra laisser indifférent grâce à un rythme soutenu, lequel deviendra haletant lorsque la guerre sera déclarée entre les clans. Sans doute que le directeur photo Cesar Charlone et le monteur Daniel Rezende ne sont pas étrangers au réalisme et au dynamisme qui se dégagent de l’ensemble.

Au coeur de cette guerre se retrouvent deux grands amis qui auront bientôt 18 ans, ce qui signifie pour eux la possibilité d’échapper à leur triste sort. Orphelin de père et père d’un jeune bambin, Ace (convaincant Douglas Silva, vu dans Cidade de Deus) ne semble pourtant pas avoir assez de maturité, contrairement à sa petite amie qui devra choisir entre son fils ou s’exiler un an afin de pouvoir offrir une maison à sa petite famille.

De son côté, Wallace (Darlan Cunha, aussi à l’aise que son partenaire) découvrira que l’avenir n’est pas aussi prometteur qu’il ne le paraissait en retrouvant son père qui avait été emprisonné peu après sa naissance.

Ne lésinant pas sur les coups de feu, les trahisons et la cruauté des chefs de gang, Morelli prend tout de même le parti de conclure sur une note d’espoir. Intention louable s’il en est mais qui laisse songeur. Est-ce vraiment ainsi que ça se passe dans les bas-fonds de Rio?

À voir si vous aimez /
City of God (Cidade de Deus), de Fernando Meirelles; Pixote, d’Hector Babenco