Law Abiding Citizen : La vengeance dans la peau
Cinéma

Law Abiding Citizen : La vengeance dans la peau

Law Abiding Citizen, de F. Gary Gray, oppose Gerard Butler à Jamie Foxx dans une sombre histoire de vengeance.

Les films de série B mettant en scène des savants fous se comptent par milliers. Hélas, F. Gary Gray (The Italian Job) en rajoute en offrant au séduisant Gerard Butler qui, après quelques insignifiantes comédies romantiques, devrait sérieusement songer à changer d’agent, d’interpréter un inventeur de génie assoiffé de vengeance. Rassurez-vous, il ne veut pas prendre le contrôle de la planète, seulement faire payer à la Ville de Philadelphie de ne pas avoir fait régner la justice.

De fait, il y a 10 ans, Clyde Shelton (Butler) a assisté impuissant au violent meurtre de sa femme et de sa fille. Grâce à un pacte entre l’avocat Nick Rice (Jamie Foxx, autre acteur de talent gaspillé dans cette entreprise grand-guignolesque et moralisatrice) et l’un des deux assassins (Christian Stolte, une sale gueule, une vraie!), ce dernier a écopé d’une peine minimale, tandis que le second (Josh Stewart), le moins féroce des deux, en a été quitte pour la peine de mort. Ayant cette décision en travers de la gorge, Clyde bousille l’exécution et assassine l’assassin en liberté. Direction prison pour cet homme, qui se considère comme un honnête citoyen ayant été floué par le système judiciaire.

Croyez-vous vraiment que de se retrouver en dedans va empêcher notre homme de poursuivre son entreprise? Que nenni! Après tout, on est à Hollywood, où tous les coups, des plus prévisibles aux plus invraisemblables, sont permis. Pif! Paf! Pouf! S’ensuivent donc moult scènes explosives, et spectaculaires au demeurant (après tout, avec les moyens qu’ils ont, ils ont l’obligation d’en mettre plein la vue, non?), où éclatera en morceaux l’entourage professionnel de Rice. Alors que l’on devrait être cloué à notre siège, se mourant de savoir comment Clyde orchestre le tout de sa cellule d’isolement, on regarde notre montre en espérant l’apparition de Viola Davis dont on a repéré le nom au générique.

Cette sublime actrice, vue tenant tête à Meryl Streep dans l’une des scènes inoubliables de Doubt, arrive avec toute sa superbe dans le rôle de la mairesse après une interminable heure d’attente. Quant au suspense principal, il ne se révèle guère palpitant et c’est avec soulagement qu’on accueille la conclusion de ce récit cousu de grosses ficelles. Au final, il aura été bien difficile d’avoir de la sympathie pour ce monsieur Vengeance…

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