

35e Festival international du film de Toronto : Lance et chante
Pour son 35e anniversaire, le Festival international du film de Toronto célèbre en chansons notre sport national en soirée d’ouverture et propose 300 films à voir en 11 jours.
Manon Dumais
Fidèle à ses habitudes, le Festival international du film de Toronto – le TIFF, si vous préférez – a choisi un film canadien pour lancer les festivités. Et afin d’être plus rassembleur, quoi de mieux qu’un film ayant pour thème notre sport national.
C’est ainsi que revient à Michael McGowan l’honneur d’ouvrir le bal avec Score: A Hockey Musical, comédie musicale, oui, vous avez bien lu, où un adolescent de 17 ans (Noah Reid) devient une star après avoir été repêché par une équipe d’une ligue de hockey junior, au grand bonheur de sa mère incarnée par la chanteuse australienne Olivia Newton-John – celle-là même qui chantait en tandem avec John Travolta dans Grease il y a plus de 30 ans.
Notre cinéma
On pourrait sans doute contester le fait que le long métrage de McGowan, qui a peu de films remarquables à sa filmographie, l’horrible My Dog Vincent, le banal Saint Vincent et l’honnête One Week, ait été préféré à Barney’s Version, adaptation du touchant roman-testament de Mordecai Richler.
Certes, la réalisation a été confiée à Richard J. Lewis, qui n’a oeuvré qu’à la télé jusqu’à maintenant, mais le film met en vedette l’excellent acteur Paul Giamatti dans le rôle de l’alter ego de Richler, Barney Panofsky, ainsi que Dustin Hoffman qui y joue son père. Pour la couleur locale, le Canadien Scott Speedman et les Québécoises Rachelle Lefevre et Macha Grenon leur donnent la réplique.
Parlant de saveur locale, on se rappellera que depuis 2003, l’année des Invasions barbares de Denys Arcand, aucun film québécois n’a été présenté en ouverture du TIFF. Heureusement, le Festival fait la part belle à nos cinéastes.
Ainsi, on pourra compter sur la présence de Denis Villeneuve (Incendies), Denis Côté (Curling), Patrick Demers (Jaloux), Robin Aubert (À l’origine d’un cri), Louis Bélanger (Route 132) et Catherine Martin (Trois temps après la mort d’Anna) pour défendre nos couleurs.
Même celui que la presse torontoise surnommait "Montreal Superstar" l’an dernier, Xavier Dolan (Les Amours imaginaires), ainsi que celui qui trouve le cinéma québécois trop homogène, Jacob Tierney (Good Neighbours), seront du lot.
Parlant de cette petite polémique, ce dernier appréciera sans doute The High Cost of Living de Deborah Chow, où Isabelle Blais rencontre Zack Braff dans un Montréal multiethnique.
Côté courts, mentionnons la présence de Theodore Ushev (Lipsett Diaries), Sophie Goyette (Manèges), Marie-Josée Saint-Pierre (Le Projet Sapporo) et Claude Cloutier (La Tranchée).
Canons de l’étranger
Outre les "reprises cannoises", tels Another Year de Mike Leigh, You Will Meet a Tall Dark Stranger de Woody Allen, Des dieux et des hommes de Xavier Beauvois, Biutiful d’Alejandro Gonzáles Iñárritu, Film socialisme de Jean-Luc Godard et Tamara Drewe de Stephen Frears, le TIFF a repêché certaines des primeurs du doyen des festivals, la Mostra de Venise, qui mise cette année sur de plus jeunes réalisateurs afin de dépoussiérer son image.
Se retrouvent ainsi au menu Black Swan de Darren Aronofsky, I’m Still Here, documentaire de Casey Affleck sur l’énigmatique Joaquin Phoenix, Potiche de François Ozon, qui met en vedette Catherine Deneuve, Cold Fish de Sion Sono, bien connu du public de Fantasia, et Drei de Tom Tykver.
Le TIFF, ce n’est toutefois pas que des reprises de Venise et de Cannes… On retrouvera donc Notre jour viendra de Romain Gavras avec Vincent Cassel, Au fond des bois de Benoît Jacquot, qui renoue avec Isild Le Besco qu’il avait dirigée dans À tout de suite, et le nouveau film du réalisateur des Triplettes de Belleville, L’Illusionniste de Sylvain Chomet, d’après un scénario de Jacques Tati.
Enfin, le TIFF est aussi la plaque de lancement idéale pour les gros films de la saison – ainsi que le moment où commencent les spéculations à propos des oscars. Notons 127 Hours de Danny Boyle avec James Franco, Conviction de Tony Goldwyn avec Hilary Swank et Hereafter de Clint Eastwood avec Matt Damon et Cécile de France. Bref, durant 11 jours, les cinéphiles torontois auront l’embarras du choix.
Site officiel: www.tiff.net