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Coteau rouge : La clique de Longueuil
Cinéma

Coteau rouge : La clique de Longueuil

Dans Coteau Rouge, André Forcier poursuit l’élaboration d’une oeuvre fantaisiste grâce au soutien de ses fidèles acteurs.

Si le Québec regorge de cinéastes talentueux, ils sont plutôt rares à posséder un univers qui leur est propre, que l’on reconnaît en une seule image, en une seule réplique. Parmi les Morin, Lefebvre, Émond, Lafleur ou Ouellet, il faut assurément inclure André Forcier, certainement l’auteur québécois faisant preuve du plus de cohérence depuis Jean-Claude Lauzon.

Un film de Forcier se reconnaît d’abord par sa distribution. Ici, les fidèles Roy Dupuis, Céline Bonnier, Gaston Lepage, Louise Laparé et France Castel accueillent les nouveaux venus Paolo Noël, Mario St-Amand, Bianca Gervais, Sandrine Bisson et Maxime Desjardins-Tremblay dans l’univers ludique et fantasmé du cinéaste.

Coteau Rouge s’articule autour d’une famille tissée serrée qui se moquera de l’adversité en s’inventant des solutions souvent franchement décalées, mais toujours inspirées par un idéalisme rafraîchissant. Plutôt que de sombrer dans un cynisme dévorant, comme tant d’autres, Forcier continue d’offrir les possibilités de l’imaginaire comme bouée de sauvetage à une société sclérosée et viciée, au bord de la faillite.

En ce promoteur immobilier véreux (Dupuis) profitant de la misère des habitants du quartier Coteau Rouge de Longueuil pour faire exploser sa fortune personnelle, on reconnaît tous les criminels à cravates continuant de défrayer les manchettes et d’entraîner l’économie mondiale vers de nouvelles crises économiques.

En cette beauté clinquante (Bonnier) faisant porter son enfant par sa mère (Laparé) pour ne pas abîmer son corps, on reconnaît les dérives morales causées par le goût de la beauté plastique rongeant notre époque. Et ainsi de suite.

André Forcier ne fait pas dans la subtilité, mais cela n’a aucune importance, l’essentiel de sa démonstration tenant lieu dans la surenchère, le burlesque, l’humour et la répétition. Il y a bien le premier quart du film, légèrement didactique et morne en comparaison du reste. Il y a bien quelques gags un peu poussiéreux et une séquence de slam que nous n’arrivons toujours pas à comprendre.

Il y a bien quelques problèmes techniques, notamment en ce qui a trait à la direction photo et à quelques choix de réalisation (des points de vue subjectifs d’un esturgeon, vraiment?). En fin de compte, tout cela est plutôt secondaire, puisque Coteau Rouge s’inscrit à l’intérieur d’un projet qui le dépasse, et que sa portée métaphorique grossière n’en demeure pas moins pertinente, amusante, et cohérente.

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