Philémon Chante Habana : Bons baisers de Cuba
Cinéma

Philémon Chante Habana : Bons baisers de Cuba

Avec Philémon Chante Habana, le cinéaste Pedro Ruiz signe une oeuvre aussi intimiste que sympathique.

Littéralement à des kilomètres de La dérive douce d’un enfant de Petit-Goâve et d’Animal tropical à Montréal, ses documentaires sur les auteurs Dany Laferrière et Pedro Juan Gutiérrez, Philémon Chante Habana est un film où l’admiration palpable du réalisateur Pedro Ruiz pour ses sujets est remplacée par une franche camaraderie. Dans cette troisième réalisation, le documentariste et photographe accompagne un ami – l’auteur-compositeur-interprète Philémon Chante – dans un périple personnel et musical qui l’amènera jusqu’à La Havane pour y présenter Les sessions cubaines, son premier compact, aux musiciens l’ayant épaulé lors de la création de l’oeuvre enregistrée dans la Cité des colonnes au cours d’un précédent voyage initiatique pour le chanteur.

Bien que tourné avec une poignée de pesos, Philémon Chante Habana profite d’une postproduction léchée, signée Post-Moderne (Laurence Anyways, Monsieur Lazhar, etc.), qui rend bien les couleurs chaudes de La Havane. L’équipe de Ruiz a aussi redoublé d’ardeur – et d’imagination – lors du tournage et du montage pour échafauder une oeuvre qui cadre de près Philémon, bien sûr, mais aussi Cuba, en évitant le cliché de la carte postale et la formule éculée de la musicographie (bien que plus de détails sur le fameux premier périple de l’artiste auraient été appréciés, tout particulièrement des cinéphiles qui ignoreraient tout de ce chanteur de la relève québécoise). Les prestations, bien qu’un brin répétitives, en témoignent tout particulièrement alors que Philémon, guitare à la main, chantonne dans des décors cubains aussi charmants qu’inusités et ignorés des brochures touristiques.

Malgré quelques longueurs musicales, Philémon Chante Habana demeure un portrait franc d’un jeune artiste qui désirait faire autrement. Bien que l’amitié entre les deux hommes transperce l’écran, le documentaire, lui, demeure juste et montre autant les images glorieuses du garçon à la guitare que ses moments plus vulnérables – son retour au fameux studio EGREM, par exemple – et ses instants de solitude.

Au Cinéma Excentris dès le 7 septembre

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