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Cinéma

Bullhead : Comme un taureau sauvage

Avant de briller dans De rouille et d’os de Jacques Audiard, Matthias Schoenaerts crevait l’écran dans Bullhead (Rundskop), premier film percutant de Michael R. Roskam.

Au printemps dernier, Bullhead (Rundskop) concourait aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère. S’il a dû s’incliner devant Une séparation d’Asghar Farhadi, ce premier long métrage du Flamand Michael R. Roskam n’en possède pas moins d’indéniables qualités où le naturalisme et le lyrisme se font étonnamment écho.

Campé dans l’univers impitoyable du trafic d’hormones, Bullhead suit le destin de deux amis d’enfance ne s’étant pas revus depuis 20 ans, soit depuis que le premier, Jacky (colossal Matthias Schoenaerts), a été victime d’un violent incident sous les yeux du second, Diederick (solide Jeroen Perceval).

Alors que Jacky s’est imposé dans le trafic d’hormones, Diederick est devenu l’informateur d’une policière (truculente Barbara Sarafian). Lorsqu’une figure féminine surgit de son passé (Jeanne Dandoy, primesautière), le tourmenté Jacky croit pouvoir trouver sa rédemption.

Par sa façon âpre et sombre de dépeindre le monde rural, cette oeuvre bouleversante de Roskam évoque tantôt le cinéma de Bruno Dumont, tantôt celui des frères Dardenne. Bien qu’il y ait quelques touches d’humour, Bullhead ébranle, bouscule autant par la froideur de son esthétique que par la dureté du propos. Maîtrisant parfaitement le rythme de son récit, le réalisateur combine avec brio le thriller, le drame social et le drame de moeurs pour signer une oeuvre où l’on embarque graduellement, hypnotisé par les mystères entourant le drame de Jacky, sans se douter du choc qui nous attend.

Au Cinéma du Parc dès le 14 septembre

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